Halle aux Grains
> 1er octobre

Oiseaux dans la lumière

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par DNA
Daniel Lozakovich, violon
Tarmo Peltokoski, direction


Le concerto pour oiseaux et orchestre Cantus Arcticus d’Einojuhani Rautavaara (1928–2016) est peut-être son œuvre la plus célèbre. Même si ce grand symphoniste, auteur de huit symphonies et de nombreux concertos, s’est inscrit dans le renouveau de la musique finlandaise dès le début des années soixante-dix du XXe siècle, ce Chant arctique en trois mouvements, mêlant bandes enregistrées de chants d’oiseaux des régions boréales et orchestre, trouve ce soir, sous la baguette habitée de Tarmo Peltokoski et avec son orchestre percutant, un merveilleux viatique vers les immensités nordiques insondables.
Le concerto pour violon et orchestre à cordes n°1 du Letton Pēteris Vasks (né en 1946), sous-titré Tālā gaisma (Lumière distante), est une œuvre en une seule partie, avec des épisodes en contraste et trois cadences pour le soliste. Nées du silence, les premières notes qui émergent très lentement font naître un chant doux et profond dont l’intensité va croissant dans un climat de tristesse lumineuse. Daniel Lozakovich, dans les pas de Gidon Kremer, créateur de l’œuvre, sait en exhaler toute la nostalgie et les sentiments d’espoirs brisés qui s’en dégagent. L’Orchestre national du Capitole de Toulouse, réduit à ses seules cordes, entraîné par son chef très attentif, lui donne un élan mortifère qui embellit encore cette noirceur lumineuse.
La suite de ballet de L’Oiseau de feu d’Igor Stravinski peut enfin retentir. Là, le grand orchestre symphonique, en agressive majesté, se lance dans une course folle pour sublimer la chorégraphie déchaînée de cette page sublime annonçant les tourments du XXe siècle.

Jean-Félix Marquette
Publié le 18/10/2026 à 21:34, mis à jour le 18/10/2026 à 21:36.