Jakub Józef Orliński

If music…
CD Erato

Réunissant 18 airs de Purcell (9), Johann Joseph Fux (1), Haendel (7) et Bach (1), ce CD est une illustration du baroque triomphant d’Allemagne et de Grande-Bretagne, dont les compositeurs entendent certes offrir aux musiciens des occasions de mettre à profit leur talent, leur virtuosité, sans pour autant se livrer aux excentricités talentueuses, mais parfois artificielles que préfèrent les compositeur italiens, notamment napolitains qui s’en donnent à cœur joie dans des œuvres de plus en plus acrobatiques, souvent destinées aux castrats les véritables stars du temps. Sans négliger ce type de compositions dans lesquelles on l’a entendu exceller, Orliński offre dans ce très beau florilège un très bel hommage aux grands maitres.
L’auditeur retrouve avec bonheur quelques fondamentaux, ainsi l’Air du froid de Purcell ou le Ombra mai fu de Haendel, mais découvre aussi des airs plus rares, eux aussi sublimes illustrations du baroque du Nord, ainsi de Fux, son très beau Non t’amo per il ciel ou de Purcell encore Sweeter than Roses.
Ce CD est un coup de cœur partagé par les deux artistes qui témoignent de leur passion pour ce répertoire dont on sent qu’ils les émeut et dont ils disent simplement qu’au fil des années, ils le ressentent et le restituent de différentes manières, dans un mouvement d’évolution sensible, souvent touchant. If Music est une étape dans leur carrière qu’ils n’entendent pas limiter à l’époque baroque. Dans un précédent CD, ils avaient mis à l’honneur des compositeurs polonais, largement oubliés, leur redonnant une notoriété méritée, ce qui me conduit à évoquer le très beau récital qu’ils ont proposé au Capitole, au mois d’avril. Ce devait être Dowland et Purcell, c’est finalement Haendel et un peu de Purcell et surtout des mélodies polonaises avec des compositeurs comme Tadeusz Baird et Mieczysław Karłowicz. Les deux artistes entendent effectivement non seulement élargir leur répertoire mais faire découvrir leurs traditions. On les entend dans des airs d’Aggripina de Haendel, ainsi Agrippina: «Voi che udite» (aria Ottone) puis Rodelinda: «Un zeffiro spirò» (aria Unulfo), avant de passer à Tadeusz Baird (1928-1981) .
On revient au baroque avec Henry Purcell .
À chaque récital, le chanteur frappe par son immense empathie avec le public, n’hésitant pas à faire une figure de breakdance, son autre passion. On peut parler de ses fans qui se déchaînent à chaque prestation. Ce récital n’a pas fait exception. Son ami pianiste l’accompagne dans sa recherche de renouvellement en jouant sur un Steinway moderne, aux sonorités bien différentes des accompagnements sur instruments d’époque.

Danielle Anex-Cabanis
Publié le 10/06/2026 à 11:18.