Halle aux Grains
> 30 mai
Du sentiment tragique en musique
Orchestre National du Capitole de Toulouse

Photographie par Sasha Gusov
La sixième symphonie de Gustav Mahler et le quatrième concerto pour piano de Ludwig van Beethoven: quelle meilleure illustration que ces deux œuvres pour appréhender le sentiment tragique en musique?
Alexandre Kantorow, pianiste surdoué s’il en est, aborde le concerto en sol majeur avec une aisance et une profondeur remarquables. Il mène une danse quasi improvisée, mais chaque note touche au plus profond de chacun. Sa liberté et sa virtuosité semblent sans limite à l’image de la cadence du premier mouvement qui n’est rien moins qu’époustouflante. Son dialogue avec l’orchestre où les vents prédominent affiche une complicité enivrante encouragée par l’implication de Tarmo Peltokoski.
Les vivats du public ramènent très vite cet immense soliste sur la scène pour nous émouvoir encore par une Isoldes Liebestodparaphrase de Franz Liszt de l’air final de l’opéra Tristan und Isolde de Richard Wagner que seuls les grands pianistes osent aborder.
Tarmo Peltokoski, face à un très grand orchestre où célesta, cloches de vache, marteau et xylophone sont employés pour la première fois par l’auteur, déchaîne toutes ces forces dans la symphonie «tragique» de Gustav Mahler. Habité par la partition, qu’il serrera sur son cœur après le triomphe final, il mime une envoûtante chorégraphie tout le long du déroulement de l’œuvre. Inversant le Scherzo et l’Andante moderato qu’il joue en premier, il s’attache à définir un parcours émotionnel extériorisé qui trouve sa résolution dans le Finale eschatologique où son orchestre, ici à son meilleur, retentit alors comme jamais: un chant funèbre inexorable…
Jean-Félix Marquette
Alexandre Kantorow, pianiste surdoué s’il en est, aborde le concerto en sol majeur avec une aisance et une profondeur remarquables. Il mène une danse quasi improvisée, mais chaque note touche au plus profond de chacun. Sa liberté et sa virtuosité semblent sans limite à l’image de la cadence du premier mouvement qui n’est rien moins qu’époustouflante. Son dialogue avec l’orchestre où les vents prédominent affiche une complicité enivrante encouragée par l’implication de Tarmo Peltokoski.
Les vivats du public ramènent très vite cet immense soliste sur la scène pour nous émouvoir encore par une Isoldes Liebestodparaphrase de Franz Liszt de l’air final de l’opéra Tristan und Isolde de Richard Wagner que seuls les grands pianistes osent aborder.
Tarmo Peltokoski, face à un très grand orchestre où célesta, cloches de vache, marteau et xylophone sont employés pour la première fois par l’auteur, déchaîne toutes ces forces dans la symphonie «tragique» de Gustav Mahler. Habité par la partition, qu’il serrera sur son cœur après le triomphe final, il mime une envoûtante chorégraphie tout le long du déroulement de l’œuvre. Inversant le Scherzo et l’Andante moderato qu’il joue en premier, il s’attache à définir un parcours émotionnel extériorisé qui trouve sa résolution dans le Finale eschatologique où son orchestre, ici à son meilleur, retentit alors comme jamais: un chant funèbre inexorable…
Jean-Félix Marquette
Publié le 02/06/2026 à 16:20, mis à jour le 02/06/2026 à 16:22.