Halle aux Grains
> 10 et 11 avril

Carré d’as

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par Julia Bauer
Belle initiative que de présenter au public de la Halle aux Grains les quatre symphonies de Robert Schumann lors de deux soirées successives.
Le grand chef allemand Franck Beermann, familier et amoureux de ce répertoire, nous les présente lors de la première soirée dans un brillant speech en anglais traduit en simultané par une violoncelliste de l’orchestre.
La première dite «du Printemps» retentit aussitôt dans la belle déclamation des cors et des trompettes. Et tout le long de cette œuvre expressive, l’ardeur de ce chef ne se relâche jamais, notamment dans le scherzo endiablé et dans le jaillissement de la sève printanière du Finale.
La quatrième symphonie, composée en 1841 comme la première et remaniée en 1851, soudée par un principe cyclique anticipant l’école franckiste, se montre d’une expressivité saillante où les émotions intenses restent dominantes. Franck Beermann y accentue les traits énergiques des vents pour en souligner l’héroïsme conquérant.
La deuxième symphonie, illustrant à elle seule l’esprit et la sensibilité romantique mais gardant un caractère beethovenien, montre sous cette baguette impérieuse un visage classique où chaque pupitre «chante» dans un dialogue ininterrompu.
Enfin, la troisième symphonie dite «Rhénane, » en cinq mouvements, à la solennité revendiquée, devient un harmonieux cheminement symbolisant les flots majestueux du grand fleuve.
L’Orchestre National du Capitole de Toulouse, tout le long de ce cycle réjouissant, offre une splendide homogénéité démontrant le charme insolent de ses pupitres et obéit comme un seul homme à cette baguette rigoureuse qui, en magnifiant ces pages, en réévaluera, si tant est qu’il en était besoin, la valeur intrinsèque. Merci pour cela.

Jean-Félix Marquette
Publié le 05/05/2026 à 11:34, mis à jour le 05/05/2026 à 11:35.