Halle aux Grains
> 2 avril

Dies Iræ

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Alexandra Dovgan, jeune pianiste russe âgée de 18 ans, déjà bardée de nombreux prix de concours internationaux prestigieux, révèle toute sa flamme dans la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Serge Rachmaninov. Cette œuvre concertante (la cinquième pour piano et orchestre de cet auteur) est un cycle de vingt-quatre variations sur le thème du vingt-quatrième Caprice pour violon de Niccolo Paganini. Alexandra Dovgan, impressionnante de maîtrise, lui insuffle une atmosphère suavement dramatique, notamment à partir de la septième variation où retentit le thème du Dies Iræ médiéval. Mais, elle sait aussi y varier les climats, se faisant tour à tour tendre et lyrique ou vive et aérienne. Tarmo Peltokoski, qui retrouvait son orchestre, lui offre un accompagnement superlatif.
Très applaudie, Alexandra Dovgan nous quitte alors après une étude-tableau du même auteur où son talent est toujours aussi éclatant.
La dixième symphonie de Dimitri Chostakovitch, véritable Tombeau de Joseph Staline, œuvre énigmatique, torturée et faustienne sied parfaitement à la baguette habitée de Tarmo Peltokoski. Il s’y complait, accentuant les climats pesants et implacables de la partition, privilégiant un style épique, mais, aussi, n’y oublie aucune plainte ou rêverie méditative. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse, remarquable de tenue, y fait admirer l’excellence de ses bois dans des solos admirables. Cette vision, à la noirceur revendiquée, dessine un Requiem à la beauté inquestionnable.

Jean-Félix Marquette
Publié le 27/04/2026 à 15:19, mis à jour le 27/04/2026 à 15:25.