Halle aux Grains
> 26 mars 2026

Suites de Danse

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par Irina Weinrauch
Fuad Ibrahimov, direction

Comme la saison dernière déjà, le clarinettiste Martin Fröst dut, pour raison de santé, annuler la création française du concerto pour son instrument de Michael Jarrell. Toujours est il que, pour pallier cette annulation, un changement de programme s’imposait. Et c’est le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel qui remplaçait le dit concerto. D’abord dédiée au seul piano, cette œuvre fut orchestrée par Ravel lui même qui ne retint que quatre des six mouvements originaux.
Ainsi Prélude, Forlane, Menuet et Rigaudon se succèdent dans une sublime orchestration témoignant du génie de son auteur. Fuad Ibrahimov, chef azéri particulièrement talentueux, sait en exalter les couleurs intenses et l’inspiration poétique.
En ouverture Printemps de Claude Debussy, page de jeunesse orchestrée par Henri Büsser, garde une aura poétique malgré une atmosphère diaphane. De même, D’un soir triste de Lili Boulanger aux langueurs lancinantes perd quelque peu son caractère tragique.
Enfin, la suite du Mandarin merveilleux, ballet-pantomime de Béla Bartók explose d’un expressionnisme frénétique que l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, savamment mené par la baguette inspirée de Fuad Ibrahimov, narre avec une cruauté jouissive dans un bel élan chorégraphique.

Jean-Félix Marquette
Publié le 13/04/2026 à 20:11, mis à jour le 13/04/2026 à 20:14.