Lahav Shani, direction

Mendelssohn : Symphonie écossaise
Rotterdam Philharmonic Orchestra. CD Warner classics.

Là où le marché du disque regorge d’enregistrements de la symphonie «écossaise» on ne peut que rester dubitatif devant la démarche. Cependant, à y écouter de plus près, Lahav Shani (qui avait enchanté le public toulousain lors de sa venue en 2016 pour diriger l’orchestre national du Capitole de Toulouse), tire son épingle du jeu magistralement. Sous sa baguette, le Philharmonique de Rotterdam se pare de couleurs inouïes dessinant un paysage tourmenté et intranquille dans le premier mouvement. En particulier les cordes, y sont d’une onctuosité à faire pâlir bien des orchestres. Les transitions sont menées sans heurts et sans fracas (à l’opposé d’un Nikolaus Harnoncourt par exemple, très outrancier), donnant à ces pages toute la poésie qu’elles requièrent.
Le second mouvement, met en valeur le chant du pupitre des vents, l’articulation, les nuances (toutes en subtilités), sous la baguette d’un chef à l’écoute de son orchestre, le troisième mouvement instille un rubato d’une grand beauté. Le dernier mouvement déploie un chant fascinant, sans précipitations qui emporte les suffrages.
Le programme se poursuit avec deux pièces moins connues: l’Ouverture Meeresstille und glückliche Fahrt et trois Lieder ohne Worte transcrits pour orchestre par le jeune chef. Là encore, tout n’est qu’ordre, calme, beauté et subtilité.
Un programme qui cache bien son jeu, avec une «écossaise» à écouter de toute urgence, et d’autres pages qui méritent tout autant le détour. Lahav Shani démontre encore une fois qu’il fait partie des meilleurs de sa génération.

Michel Pertile
Publié le 02/03/2026 à 18:18, mis à jour le 02/03/2026 à 18:29.