Halle aux Grains
> 31 janvier

Les danses du soleil

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par Marco Borggreve
Giedrė Šlekytė, jeune cheffe lituanienne, remplaçait au pied levé Emilia Hoving, en instance de maternité. Ce remplacement s’accompagnait d’un changement de programme. Ainsi Heliosis de Hannah Eisendle se substituait à la pièce de John Adams initialement prévue et la septième symphonie d’Antonin Dvorak remplaçait les Danses symphoniques de Sergueï Rachmaninov. Le cœur du programme, le concerto pour piano 2 de Frédéric Chopin, subsistait, et c’est le grand pianiste argentin Nelson Gœrner qui l’animait. Doué d’un sens de la narration époustouflant, d’un chant particulièrement expressif et d’un esprit rhapsodique malicieux, son interprétation allie autorité naturelle et extrême sensibilité pour magnifier le cantabile de cette page quasi miraculeuse. L’accompagnement de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse aux mains de Giedrė Šlekytė offre à ce soliste exceptionnel un soutien aussi affirmé qu’équilibré.
Le triomphe explosif du public entraîne aussitôt un extrait d’Iberia d’Isaac Albeniz: une Triana particulièrement ensoleillée.
Hannah Eisendle, jeune compositrice autrichienne, nous présente en guise d’ouverture Heliosis, courte pièce à la densité remarquable évoquant la brûlure du Soleil. Très impliqué, notamment les percussions omniprésentes qui structurent la partition, l’orchestre, dirigé subtilement, nous en offre une lecture aveuglante mais radiante.
Dans la septième symphonie d’Antonin Dvorak, Giedrė Šlekytė expose une vision dramatique dans la grande tradition germanique où une pulsation rythmique infernale parcourt tous les pupitres ne faisant fi, heureusement, ni de franches couleurs, ni de poésie.

Jean-Félix Marquette
Publié le 18/02/2026 à 14:11, mis à jour le 18/02/2026 à 14:12.