Halle aux Grains
> 16 janvier
L’Été en Hiver
Orchestre National du Capitole de Toulouse

Le violoniste américain Chad Hoopes, trentenaire radieux, brille dans le concerto en mi mineur de Félix Mendelssohn. Sa ductilité toute dédiée au discours narratif dans l’Allegro molto appassionato, son élégance rêveuse qui ondoie dans l’Andante, sa fantaisie virtuose qui anime le rondo final, habitent d’une fière autorité cette œuvre célébrissime. L’accompagnement de Markus Poschner, qui était à la tête de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse pour la première fois, lisse quelque peu les raffinements de l’écriture concertante du maître allemand. Le triomphe n’en est pas moins éclatant et le soliste se lance aussitôt dans la Fantaisie pour violon sans basse n°10 de Georg Philipp Telemann qu’il inonde de son talent.
Raminta Šerkšnytė, compositrice lituanienne, assistait, lors de la première partie du concert, à la création française de son œuvre pour orchestre à cordes et percussion titrée Midsummer Song.
Cette belle élégie dédiée, dans un franc élan panthéiste, à la lumière éternelle de l’été boréal, semble sans cesse hésiter, dans un cheminement introspectif, entre sérénité et doux orages dont l’emploi modéré mais magnifique des instruments à percussion (vibraphone, bâton de pluie, cloches, triangle) en sont le substrat.
Markus Poschner, qui s’est fait remarquer par l’enregistrement des onze symphonies d’Anton Bruckner dans leurs différentes versions, soit dix-huit œuvres, est un spécialiste du répertoire austro-allemand du XIXe siècle. Sa vision de la quatrième symphonie de Johannes Brahms est, certes, automnale, mais affiche tout le long un sentiment de grandeur inquiète. L’Allegro non troppo initial est presque trop retenu, l’Andante moderato prend des accents archaïsants, l’Allegro giocoso présente une énergie quasi désespérée, enfin l’Allegro energico e passionato final expose un monolithisme impressionnant à l’inspiration renouvelée. L’orchestre se plie avec souplesse à cette lecture sombre mais profonde qui conquiert sans mal l’auditoire.
Jean-Félix Marquette
Raminta Šerkšnytė, compositrice lituanienne, assistait, lors de la première partie du concert, à la création française de son œuvre pour orchestre à cordes et percussion titrée Midsummer Song.
Cette belle élégie dédiée, dans un franc élan panthéiste, à la lumière éternelle de l’été boréal, semble sans cesse hésiter, dans un cheminement introspectif, entre sérénité et doux orages dont l’emploi modéré mais magnifique des instruments à percussion (vibraphone, bâton de pluie, cloches, triangle) en sont le substrat.
Markus Poschner, qui s’est fait remarquer par l’enregistrement des onze symphonies d’Anton Bruckner dans leurs différentes versions, soit dix-huit œuvres, est un spécialiste du répertoire austro-allemand du XIXe siècle. Sa vision de la quatrième symphonie de Johannes Brahms est, certes, automnale, mais affiche tout le long un sentiment de grandeur inquiète. L’Allegro non troppo initial est presque trop retenu, l’Andante moderato prend des accents archaïsants, l’Allegro giocoso présente une énergie quasi désespérée, enfin l’Allegro energico e passionato final expose un monolithisme impressionnant à l’inspiration renouvelée. L’orchestre se plie avec souplesse à cette lecture sombre mais profonde qui conquiert sans mal l’auditoire.
Jean-Félix Marquette
Publié le 21/01/2026 à 12:17.