Ravel, Daphnis et Chloé

Aziz Shokhakimov
Orchestre Philharmonique de Strasbourg. CD Warner Classics.

Un discours qui au départ met un certain temps à se mettre en place: une introduction et une danse religieuse qui se cherche dans une esthétique pointilliste très détaillée mais où l’on ne perçoit pas de cohérence et de ligne directrice.
L’équilibre orchestral – si subtil chez Ravel – est bien rendu (les cordes ne couvrent pas les vents) notamment dans la Danse religieuse (plage 2).
La Danse de Lycéion (plage 7) reste un peu policée comme si la bergère hésitait à séduire Daphnis alors qu’elle use de tous ses charmes pour le séduire.
La Danse guerrière demeure peu menaçante (écoutez la version de Claudio Abbado à la tête du LSO).
La danse finale ne parvient pas non plus à nous convaincre totalement, malgré le souffle et un élan indéniable.
On ne peut qu’admirer le travail de direction du jeune chef ouzbèke que nous avions déjà remarqué ici il y a quelques semaines (disque Prokofiev), Netteté du geste, conduite des nuances très précise. Néanmoins on reste cette fois-ci un peu sur sa faim, il y a comme quelque chose de retenu dans ce Daphnis et peu narratif pour que l’auditeur soit réellement emporté. Un discours fait d’assemblages (certes très bien exécutés) plutôt que porté par une grande ligne et un lien organique.
Enfin, saluons la qualité des musiciens (en particulier les bois et la flûtiste soliste – Sandrine François) qui excellent dans ce répertoire.

Michel Pertile
Publié le 08/01/2026 à 11:45.