Les Noces de Figaro

20 janvier
Photographies par Mirco Magliocca
À Toulouse, puis Bordeaux nous avons eu le bonheur de voir Cosi fan tutte, puis Don Giovanni dans les délicieuses productions d’Ivan Alexandre et des décors et costumes d’Antoine Fontaine, compléter la trilogie avec les Noces s’imposait. Le Capitole a repris une production de 2008, seuls ont changé les interprètes. Malgré quelques hésitations à l’annonce de la distribution, j’espérais la même magie qu’il y a quinze ans, que de nombreux critiques nationaux avaient saluée avec enthousiasme, et puis non! Si Karine Deshayes est une merveilleuse comtesse, encore qu’elle pourrait être plus aristocratique, le reste de la distribution ne suit pas vraiment. Les voix ne sont pas au même niveau et la mise en scène a glissé vers le burlesque, alors que la collaboration de Mozart et da Ponte débouchait sur une œuvre au comique délicat.
Pourtant Anaïs Constans, Eléonore Pancrazi, Michael Nagy ont des voix adaptées à leur rôle, mais on les transforme en guignols, souvent très excités et la gesticulation détourne du son et nous sommes en quelque sorte distraits, c’est dommage. Les autres chanteurs n’impressionnent guère sans dire qu’ils sont mauvais, mais ils ne convainquent pas. C’est particulièrement dommage pour Figaro. Julien Véronèse a la carrure, mais ne parvient pas à s’imposer. Que Suzanne ait pour fonction de se moquer de lui est une chose, mais le personnage imaginé par Beaumarchais est intelligent, a des convictions, même si la censure a obligé Mozart et Da Ponte à modérer ses propos de manière à être plus politiquement correct selon les critères impériaux. En faire un lourdaud un peu essoufflé n’est pas convaincant. Tout n’est pas critiquable, mais nous sommes loin de la qualité et du raffinement auxquels la Direction du Capitole nous a habitués. Peut mieux faire, aurait dit le conseil de classe, sans tomber dans les excès de certains critiques uniquement négatifs.

Danielle Anex-Cabanis
Publié le 02/02/2023 à 18:09.