Halle aux grains
> 26 mai

Mystère et fracas

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par B. Ealovega
Ryan Bancroft, direction
Benjamin Beilman, violon


Le concerto pour violon de Benjamin Britten fait partie de ces partitions majeures pour le répertoire concertant pour violon du XXe siècle composées durant les années trente tels les concertos d’Igor Stravinsky, d’Alban Berg, de Serge Prokofiev ( le 2), de Bela Bartok ( le 2 également), de Samuel Barber, de Arnold Schœnberg, ou de Roger Sessions.
Benjamin Beilman, jeune virtuose américain, armé de son stradivarius «Engleman» de 1709, en donne une vision à la profondeur insondable. Tour à tour poétique, élégiaque ou combatif, il y est souverain et surmonte aisément tous les pièges de la partition. Dans la Passacaglia finale il crée une tension quasi insoutenable qui semble un miroir de ces années sombres.
Le chef Ryan Bancroft, très impliqué, lui oppose un accompagnement rageur qui ne peut que magnifier cette tornade guerrière.
Très applaudi, ce violoniste d’exception nous régale en bis du Recitativo et Scherzo-Caprice de Fritz Kreisler, avant de s’envoler vers Kansas-City pour créer le concerto de Chris Rogerson.
On ne présente plus les Variations Enigma d’Edward Elgar. Ryan Bancroft, d’un lyrisme exacerbé, dansant sur son estrade, y fait resplendir son orchestre d’un soir dans une lecture très aboutie. Chaque pupitre y est excellent et le tout retentit tel un ardent concerto pour orchestre qui ne peut que nous emporter.

Jean-Félix Marquette