Auguste Fauchard

Symphonie Mariale
Emmanuel Hocdé, orgue. CD CIAR Classics

Auguste Fauchard (1881-1957), organiste et prêtre, n’est pas passé à la postérité bien qu’il ait été l’élève de maîtres prestigieux tels que Louis Vierne ou André Marchal. C’est à Laval qu’il exerça discrètement son ministère pastoral ainsi que sa carrière d’organiste et compositeur. Remercions donc tout d’abord Emmanuel Hocdé, organiste titulaire de l’église parisienne Saint-Denys-du-Saint-Sacrement, de continuer à rendre justice à ce musicien en enregistrant régulièrement ses compositions.
Le programme de ce CD comprend d’abord la 3ème Symphonie Mariale (1941), vaste pièce d’environ 40 minutes comportant quatre mouvements. L’écriture est parfois dense, mais elle reste parfaitement intelligible grâce au jeu clair de l’organiste. Cela permet à l’auditeur de suivre avec plaisir les mélodies grégoriennes qui parcourent l’oeuvre: Salve Regina; Ave Maris Stella; O Sanctissima. Les jeux de détail sont magnifiques: voix céleste, voix humaine et mutations accompagnés par des jeux de fonds denses et profonds. Les crescendi sont saisissants ainsi que les tutti. On se laisse porter avec plaisir par cette musique magnifique et profonde qui ne cède jamais à la tentation d’effets grandiloquents et qui procure de belles émotions.
La seconde partie est consacrée à un “poème symphonique sous forme de chorals variés” intitulé Le Mystère de Noël (1940). Auguste Fauchard avait-il alors en mémoire La Nativité d’Olivier Messiaen, composée cinq ans plus tôt? On peut se poser la question tant les titres des pièces successives rappellent celles de Messiaen! Mais la comparaison s’arrête là. A l’inverse de la vaste et développée symphonie précédente, nous découvrons ici une suite finement ciselée de sept courtes variations. Là encore, l’orgue Daublaine-Callinet apparaît comme l’instrument idéal pour cette musique et son titulaire sait en tirer un magnifique parti grâce à une registration bien choisie. On apprécie également la virtuosité impressionnante de certains moments (Les bergers) qu’Emmanuel Hocdé sert à merveille. La Brillante toccata évoquant Splendeur et apothéose (selon les indications du compositeur) conclue magnifiquement cet enregistrement magistral dont l’écoute permet de passer un très beau moment.

Pierre-Jean Schoen