Théâtre du Capitole
> 24 avril

Une Jenufa de feu !

Christophe Ghristi avait décidé de programmer le drame de Leos Janacek dans la mise en scène écrasante de Nicolas Joël. Nous retrouvons cette atmosphère pesante avec ce décor dominée par cette gigantesque roue de moulin, symbole du temps qui passe et qui écrase les protagonistes. Dans un monochrome gris, les villageois sont inexorablement conduits vers un destin tragique illuminé par la rédemption.
Le plateau est dominé, comme l’œuvre, par les figures féminines: tout d’abord, par la Jenufa de Marie-Adeline Henry, fragile, désespérée, à la voix d’acier, mais surtout par l’immense Sacristine de Catherine Hunold. Catherine Hunold, tout autant tragédienne que magnifique interprète, avec sa vocalité incandescente, magnifie ce rôle écrasant et terrible. Les deux frères: Laca, Marius Brenciu, et Steva, Mario Rojas, campent leur personnages avec conviction et une vraie présence vocale. C’est avec un grand plaisir que nous retrouvons Cécile Galois en Grand-Mère Buryja.
Florian Krumpöck mène les troupes du Capitole avec fougue et passion, faisant de l’orchestre l’un des acteurs majeurs de la tragédie.
Janacek avait su «écouter l’âme humaine», la production du Capitole a su la magnifier.

Marc Laborde