Théâtre du Capitole
> 22 mars

Platée, fable douce amère…

Photographie par Pierre Beteille
Prologue ou pas prologue, œuvre «revisitée», lecture décomplexée, spectacle de cabaret… tout peut être dit sur le chef d’œuvre de Rameau présenté au Capitole après bien des retards dus au Covid! Laissons les esprits chagrins de côté et laissons nous porter. Shirley et Dino signent une vraie mise en scène, intelligente, drôle avec la complicité d’Hervé Niquet qui déploie de réels talents de bateleur. Ce qu’il faut souligner, c’est d’abord l’absence de prétention de leur lecture. Platée est une fable, certes une fable triste, mais c’est avant tout une partition drôle qui met en exergue les défauts des mortels à la manière d’un Lafontaine. Pour une fois, il y a un vrai décor, très réussi, des costumes incroyables et un vrai jeu d’acteur. Corinne et Gilles Benizio connaissent leur univers sur le bout des doigts.
Mathias Vidal incarne Platée avec un certain génie servi par une voix souple au timbre clair. Marie Perbost, en Folie, déploie des qualités vocales vertigineuses. Le reste de la distribution ne démérite pas, notamment le Mercure de Pierre Derhet.
Hervé Niquet à la tête de l’Orchestre et des Chœurs du Concert Spirituel nous livre une lecture de la partition de Rameau sans faille, ni grandiloquence.
Seuls les ballets signés Kader Belarbi, malgré l’implication réelle des danseurs, semblent un peu en retrait.
Cette vision de Platée est bien un opéra bouffon…

Marc Laborde