Halle aux grains
> 10 décembre

Danses et éléments

Orchestre National du Capitole de Toulouse
Photographie par Peter Meisel
Ben Glassberg, direction
Jean-Guihen Queyras, violoncelle

Ben Glassberg fait toujours grande impression à la Halle aux Grains. Ce chef né dirige avec précision et efficacité un orchestre qui semble particulièrement l’apprécier.
Son programme original, voire inédit s’ouvre sur une ouverture de Louise Farrenc: sa première en mi mineur. Composée en 1834, l’auteur avait trente ans, c’est une œuvre revigorante à l’allure endiablée qui s’inscrit dans le meilleur courant romantique. Ben Glassberg en souligne l’élégance et le dynamisme aux commandes d’un Orchestre National du Capitole de Toulouse plus qu’appliqué.
Merveilleux violoncelliste, Jean-Guihen Queyras s’empare du concerto en Ut majeur de Joseph Haydn avec un lyrisme envoûtant et une autorité guerrière ( comme il nous le montrera dans la Sarabande de la suite 4 de Bach donnée en bis ). Sa majestueuse sonorité entrelace rondes et passions pour entraîner un orchestre, ici allégé, dans une lecture lumineuse.
Puis, Camille Pépin, compositrice contemporaine trentenaire les plus en vue, viendra aussitôt sur la scène se faire chaleureusement applaudir pour sa pièce pour orchestre Vajrayana que notre orchestre vient d’interpréter. Cette œuvre qui se réfère aux cinq éléments de la cosmogonie tibétaine: la terre, l’eau, le feu, le vent et l’espace, est une impressionnante étude de rythmes à l’énergie inépuisable. Ben Glassberg la maîtrise avec une assurance impériale.
Enfin, c’est la suite 2 de Daphnis et Chloé de Maurice Ravel qui clôt le concert. En trois parties: Lever du jour, Pantomime et Danse générale, mobilisant un orchestre impressionnant, elle arbore un souffle dévastateur qui ne se départit jamais d’un classicisme à la française aux lignes pures.
Bravo monsieur Glassberg.


Jean-Félix Marquette