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Œuvres de François Couperin

Leçons de Ténèbres et motets. Les Ombres

Œuvres de François Couperin
 
Leçons de Ténèbres et motets. Les Ombres: Margaux Blanchard, Sylvain Sartre, Chantal Santon, Anne Magouët, Benoit Arnould. Œuvres de François Couperin. CD Mirare.

Lorsque François Couperin écrit ses leçons de Ténèbres, (publiées entre 1713 et 1717), d’autres compositeurs français se sont déjà emparés du texte des lamentations du prophète Jérémie (Lambert, Charpentier, Brossard, Delalande…).
L’attrait du public pour l’Office des ténèbres pendant lequel on chantait ces Lamentations était très prisé au XVIIIe siècle. Cette liturgie était en quelque sorte mise en scène: quinze bougies étaient éteintes une à une à la fin de chaque psaume. La cérémonie se terminait dans une obscurité presque totale.
Le programme de ce disque se divise en deux parties: les leçons de Ténèbres et un motet inédit à voix seule.
Le plateau vocal des leçons de Ténèbres est cohérent, les deux dessus (A. Magouët et C. Santon Jeffery) font preuve d’une belle connivence, et d’une écoute attentive dans la leçon à deux voix. Les mélismes sur la lettre hébraïque sont très bien ciselés, très soignés. La difficulté de cette musique réside dans l’alliance de deux qualités: des voix souples et ductiles (plage 17). La prononciation des chanteurs du latin à la française reste très naturelle, sans exagérations.
Nos deux chanteuses sont accompagnées par un continuo riche, inventif (seconde leçon). Cependant, peut-être qu’une pulsation un peu plus souple aurait permis à nos deux chanteuses de s’exprimer plus naturellement, pour convaincre davantage l’auditeur.
On ne peut que saluer l’initiative de sortir des tiroirs des musiques oubliées, fussent-elles de qualités. . . Le motet salvum me fac Deus écrit pour voix seule, en fait partie. Le texte est une supplique touchante adressée à Dieu. Tantôt flamboyante, tantôt intériorisée, les interprètes ont su rendre toute sa dramaturgie à ce motet.
À l’écoute de ce cd, on ne peut oublier la magnifique version de G. Lesne accompagné par le Seminario Musicale, empreinte d’une réelle émotion (malheureusement toujours pas rééditée!). Ou bien le parti-pris théâtralisé toujours aussi «classe» de William Christie (S. Daneman, P. Petibon).

Michel Pertile


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