Utmisol

Le Prophète

Théâtre du Capitole

> 23 juin

Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le Prophète
Photographies par Patrice Nin 
Le voilà ce Prophète absent de la scène du Capitole depuis plus de 80 ans et encore plus de celle de l’opéra de Paris. Il est important de retrouver ce grand opéra français, à tort décrié, car il recèle de véritables trésors. Il faut vivre ces opéras comme si nous regardions un film en cinémascope!
Le thème du Prophète est des plus intéressant, cette folie religieuse ne peut qu’évoquer les terreurs de notre siècle. Si la mise en scène de Stefano Vizioli est efficace, elle mériterait d’être un peu plus soignée. Cependant, elle compte de beaux tableaux comme celui de l’acte 1 ou encore cette canopée de pendus qui nous rappelle Jacques Callot. La célèbre scène du sacre est bien restituée avec sa forêt de cierges.
La distribution est dominée par un trio remarquable. Sofia Fomina, malgré des débuts délicats et un peu trop tendus, est une Berthe tout à fait convaincante. Voix dominatrice, nous la rêvons en Marguerite. Kate Aldrich est Fidès! Elle incarne ce rôle terrible de mère bafouée avec grandeur. Vocalité de feu, grave généreux, aigus d’acier, quel beau travail. John Osborn est un remarquable Jean de Leyde. Il ose tout et réussit tout. Son grand air «L’Eternel» restera longtemps dans nos mémoires, quelle fougue. Le reste de la distribution est tout aussi honorable.
Claus Peter Flor conduit les troupes du Capitole avec fougue, tout comme le chœur et la Maîtrise donnent le meilleur sous la direction d’Alfonso Caiani.
Du grand spectacle, du grand opéra, une fin de saison en apothéose.

Marc Laborde