Utmisol

Massacre

Théâtre du Capitole

> 17 avril

Massacre
Photos Patrice Nin 
Massacre
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Opéra sur un livret de Stephan Müller et Wolfgang Mitterer d’après Massacre à Paris de Christopher Marlowe, créé en juin 2003 au Wienerfestwochen, Vienne.

Inspiré par la pièce de Marlowe, elle-même fondée sur le drame de la Saint Barthélémy, Massacre entend créer le choc; c’est d’abord un cri de dénonciation de la violence, de la folie qui la perpètre et des enchaînements monstrueux qui en découlent. La démarche est naturellement politique avec une utilisation d’un fait historique. Mitterer en 2003 se dressait contre la guerre d’Irak. Sans que cela ait pu être prévu lors de la programmation du spectacle, on peut y trouver une accusation contre les horreurs de Daesh, les massacres de Paris ou de Boko Haram parmi tant d’autres au nom du fanatisme. L’œuvre en devient intemporelle, ce qui permet de ne pas se poser la question de l’exactitude historique des évènements présentés, parce que c’est en fin de compte sans importance.
Mêlant 5 acteurs-chanteurs à une danseuse nue, passablement asexuée dans une chorégraphie rapide, fonctionnant comme une litanie, les créateurs combinent la musique live avec des enregistrements sonores, des projections enregistrées et des projections filmées sur scène, visant à rapprocher les comédiens-chanteurs du public. La technologie est conventionnelle et innovante à la fois. Reste la musique: dans une succession de 17 tableaux, les chanteurs jouent, chantent, crient, en alternance avec les tableaux vivants donnés par la danseuse, avant que transformée en cadavre, elle ne soit l’objet de brutalités de la part des protagonistes du drame. Ne cherchons pas de ligne mélodique, ni de cohésion de l’ensemble dominé par une sorte de brutalité sonore réalisée par les voix et la bande-son parfaitement mixée. Chaque possibilité de la voix est poussée au maximum, ce qui rend la performance particulièrement difficile et on peut saluer la prouesse.
On est saisi par le spectacle qui ne saurait laisser indifférent, on est condamné à réfléchir mais peut-être qu’on reste dans le cérébral, sans que l’émotion ne soit au rendez-vous. Après tout, il se peut que le compositeur n’en ait cure.

Danielle Anex-Cabanis