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Mosaïque de chants sacrés

Les amis des Orgues de la Daurade

Mosaïque de chants sacrés
 
L’Association des Amis des orgues de la Daurade, non contente d’avoir réalisé la restauration des deux instruments d’exception de la basilique et réhabillé la Vierge, poursuit son œuvre exemplaire de promotion de jeunes talents lyriques, ici accompagnés par Marc Chiron à l’orgue (pièces 1 à 9) et Guillaumine Fayköd (pièces 10 à 14). Elle propose un CD au répertoire très large de Jean-Sébastien Bach à Marcel Dupré, dont Guillaumine Fayköd propose le très subtil «Placare christe servulis» comme une réponse à «l’Esquisse 1» de Schumann interprétée par Marc Chiron. Ils encadrent une réelle diverité de talents, entre lesquels il est difficile de faire une hiérarchie. Je retiendrai toutefois particulièrement le «Cujus animam» du «Stabat Mater» de Rossini auquel Pierre-Emmanuel Roubet prête sa voix toute en subtilité et nuances. On le retrouve avec bonheur aux côtés de Laurent Labarbe dans le «Judex ergo» de la «Messe de requiem» de Donizetti. Un mot aussi pour le «Et incarnatus est» de la Messe en ut mineur de Mozart, chanté de manière sublime par Anais Constant qui tient bien la comparaison avec l’interprétation de la messe de Noël au Vatican. Elle fait également merveille avec Hélène Delalande dans le «Qui tolis» de la petite messe solennelle de Rossini dont on retrouve avec plaisir l’ «Agnus Dei» chanté superbement par Hélène Delalande seule. Matthieu Toulouse propose un «Rollend in schäumenden Wellen tiré de la «Création» de Joseph Haydn, tout en ruissellement et déferlement et fort impressionnant. Victor Colombo, récemment arrivé à Toulouse, est splendide dans l’ «Agnus Dei» de Bizet. Paul Crémazy, Argitxu Esain et Sabrina Lapègue-Rekhis, tout comme Midori Sano à la viole de gambe, ne déméritent nullement, mais – et c’est subjectif – m’ont moins émue. De toute manière il faudra aller les entendre in situ dans leur très prochain concert à la Daurade, acheter et faire connaître leur beau CD.

Danielle Anex-Cabanis