Utmisol

Sortilèges et incantations

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle-aux-Grains

> 6 octobre

Sortilèges et incantations
Photos Marco Borggreve 
Sortilèges et incantations
Photos Marco Borggreve 
John Storgards, direction
Colin Currie, percussions

Colin Currie, grand maître des percussions, a créé plusieurs concertos dévolus à ses instruments. Celui que lui a dédié Einojuani Rautavaara, compositeur finlandais contemporain des plus emblématiques, est certainement l’un des plus spectaculaires et l’un des plus intéressants. Il l’a du reste enregistré avec l’orchestre philharmonique d’Helsinki et, déjà comme ce soir, avec John Storgards, chez l’éditeur finlandais Ondine. Sous-titré Incantations, en trois mouvements, il met surtout le marimba et le vibraphone sur le devant de la scène et offre une musique très vivante à l’esthétique quasi néo-romantique. Autant dire que Colin Currie qui a composé la cadence finale (qu’il reprendra d’ailleurs en bis) s’y montre dans son jardin. Son énergie, son sens du rythme, sa technique hors norme déploient une élégante chorégraphie qui fascine le public. L’accompagnement de John Storgards à la tête d’un Orchestre National du Capitole de Toulouse trés concerné participe grandement à la dramaturgie intrinsèque de cette œuvre brillante.
Ouvrant le concert, Sortilèges de Xavier Montsalvage, œuvre ensorcelante aux beaux climats nocturnes, trouve en John Storgards et son orchestre d’un soir d’excellents passeurs pour transmettre la mystérieuse atmosphère qui s’en dégage.
La quatrième symphonie de Carl Nielsen, un de ses chefs-d’œuvres, véritable torrent de lave inextinguible (ce dernier adjectif est son sous-titre), manque ici parfois de clarté sinon d’énergie mais se calque parfaitement sur l’esprit de la partition. L’orchestre se précipite parfois trop dans l’Allegro initial, par contre, le Poco Allegretto affiche un magnifique dialogue des bois, Geneviève Laurenceau soigne son solo de violon dans le Poco Adagio quasi andante qui est ainsi féérique, enfin les deux timbaliers Emilien Prodhomme et Hervé Trovel scandent un Allegro final d’anthologie qui ne peut appeler que le triomphe que le public réserve à cette célébration panthéiste.

Jean-Félix Marquette