Utmisol

Orage et passion

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 20 juin

Orage et passion
Photo G. Antonini : Paolo Morello, Sol Gabetta : Uwe Arens et Marco Borggreve. 
Orage et passion
Photo G. Antonini : Paolo Morello, Sol Gabetta : Uwe Arens et Marco Borggreve. 
Orage et passion
Photo G. Antonini : Paolo Morello, Sol Gabetta : Uwe Arens et Marco Borggreve. 
Giovanni Antonini, direction

Sol Gabetta, violoncelle


Giovanni Antonini, grand spécialiste du répertoire baroque qu’il a immortalisé avec son ensemble Il Giardino Armonico, est aussi un grand directeur d’orchestre pour le répertoire purement classique. Ainsi, sa lecture de la symphonie 25 en sol mineur de Wolfgang Amadeus Mozart rappelle ses meilleures versions des concertos de Vivaldi.
L’élan irrésistible, la plasticité de sa direction, les couleurs de l’orchestre, la douceur des enchaînements, l’irrépressibilité rythmique, tout concourt à la vision la plus charnelle, la plus juvénile de cette œuvre composée à 17 ans!
La première symphonie de Ludwig van Beethoven a déjà tout d’un chef-d’œuvre. Mais ici, elle n’est pas gravée dans le marbre. Au contraire, elle semble naître comme aux premiers jours: fraîche, enjouée, sans pathos inutile, affichant le même élan que la symphonie de Mozart, elle s’inscrit, elle aussi, dans le courant Sturm und Drang qui animait si vertement la page de Mozart. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse, aux mains de cette baguette experte, s’y montre le meilleur passeur de ces orages passionnés.
Rejoints par la talentueuse et spectaculaire Sol Gabetta, violoncelliste argentine résidant en Suisse et à la renommée internationale, ils délivrent avec la même verve, avec la même certitude, une vision crue et exigente du concerto pour violoncelle 2 en ré majeur de Joseph Haydn. L’écrin que dresse Giovanni Antonini à sa soliste enflammée est tel un bois précieux, son discours à elle, ferme mais poétique, s’y enchasse avec bonheur. Malgré des cadences presque trop artificielles, il reste convainquant et enchante le public qui, bientôt, reste muet d’admiration à l’écoute d’une pièce extatique du compositeur letton contemporain Peteris Vasks donnée en bis.
En guise de dernier concert de la saison, c’est à un véritable feu d’artifice que l’auditoire fut convié!

Jean-Félix Marquette