Utmisol

La trilogie de Gilles : la finale à Saint Etienne

Orchestre Les Passions

Cathédrale Saint-Etienne

> 2 mai

La trilogie de Gilles : la finale à Saint Etienne
photos Jean-Jacques Ader 
La trilogie de Gilles : la finale à Saint Etienne
photos Jean-Jacques Ader 
La trilogie de Gilles : la finale à Saint Etienne
photos Jean-Jacques Ader 
Les Passions baroques et les Eléments, dirigés par Jean-Marc Andrieu, ont proposé le troisième et dernier volet des œuvres majeures de Jean Gilles dans le cadre du festival d’Odyssud, Les rencontres des Musiques anciennes en Midi-Pyrénées. Les manuscrits de Jean Gilles ont disparu pendant la période révolutionnaire, on ne connaît son œuvre que par des copies souvent médiocres et lacunaires. On doit donc commencer par souligner le remarquable travail musicologique réalisé par Jean-Marc Andrieu, qui a reconstitué et complété avec un talent incontestable de manière à permettre aux musiciens et choristes de donner le meilleur d’eux-mêmes sur une base solide.
Le Te Deum, commandé pour célébrer la paix de Ryswick en 1698, est une œuvre brève et dense. Découpé en 7 parties, il alterne les airs de solistes et les chœurs, à la fois profonds et jubilatoires. On se félicite de la paix revenue mais le temps n’est pas à la frivolité. Sous l’influence de Madame de Maintenon, le roi a retrouvé le chemin de Dieu qu’il convient avant tout de remercier et célébrer. Sérieux ne signifie nullement ennuyeux ou musicalement pauvre. Au contraire le compositeur et son «restaurateur» permettent de découvrir une construction tout à fait exceptionnelle avec le Tu devicto mortis aculeo, réunissant un double trio de basses, instrumentales et vocales, souligné par deux parties de dessus de violon. L’œuvre est aussi l’occasion de vérifier la maîtrise extraordinaire de l’art du contrepoint de Jean Gilles.
La Messe en ré interprétée en première partie est un moment de grâce tant l’harmonie est bien maîtrisée entre chœur, solistes et orchestre. On est bien dans cette ligne de quasi fusion entre les voix et les instruments. Chacun est essentiel, tant comme membre d’un tout que comme acteur en solo de sa partition. Le public nombreux, la vieille nef de la cathédrale est pleine à craquer, fait un triomphe aux musiciens, qui leur offrent un bis, après avoir reçu des roses partagées entre tous.
Le concert sera diffusé sur France-Musique le 23 mai à 14 heures et les deux œuvres seront enregistrées pour être diffusées par Harmonia Mundi dans un avenir très proche, constituant ainsi avec le Requiem et Les Lamentations la trilogie des œuvres majeures de Jean Gilles.

Danielle Anex-Cabanis