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L’Académie de Michel Plasson

Théâtre du Capitole

> 9 octobre

L’Académie de Michel Plasson
 
L’Académie internationale de musique française de Michel Plasson.

Michel Plasson s’est donné entre autres objectifs celui de faire vivre et revivre la musique française trop peu présente selon lui dans les programmes de concert, et celui d’être un passeur, en repérant de jeunes talents et en contribuant à les former dans sa belle propriété de l’Hérault.
Il revient au Capitole avec huit jeunes chanteurs qui proposent des airs en solo ou duo, se donnant complètement au chant pour lequel certains apparaissent particulièrement doués. Ils y trouvent manifestement du plaisir et communiquent sans nul doute leur joie au public qui les applaudit sans réserve, quand ils reprennent ce que le maître qualifie lui-même de tube, ainsi Sonia Menen, se déclarant veuve d’un colonel, extrait de la «Vie parisienne» ou encore Olivia Doray nous régalant avec les «Filles de Cadix», qu’elle enlève avec prestesse et drôlerie. Ils ont le même succès avec des pièces plus confidentielles, ainsi la mezzo Ambroisine Bré dans la «Psyché» d’Emile Paladilhe ou la basse, Julien Véronèse, interprétant «Quatre chansons de Don Quichotte» de Jacques Ibert. Le ténor François Pardailhé est fort à l’aise dans la «Sérénade toscane» de Fauré ou dans la romance de Nadir, tirée des «Pêcheurs de perles» de Bizet. On retrouve Olivia Doray dans le charmant air de Leila, «Me voilà seule», extrait des mêmes «Pêcheurs de perles».
On est sous le charme de la voix très expressive de l’Albanaise Blerta Zhegu, interprétant l’air de Thérèse, «Non, Monsieur mon mari», tiré des «Mamelles de Tirésias de Poulenc, après la ravissante «chère nuit» d’Alfred Bachelet. On découvre le ténor François Almuzara dans l’air de Polyeucte, «Source délicieuse», extrait de Polyeucte, et du même, extrait de Roméo et Juliette, un madrigal qu’il chante avec Olivia Doray. . C’est avec la même Olivia que la mezzo Ambroisine Bré chante le «Nocturne à deux voix», tiré du «Roi malgré lui». C’est ravissant. On la retrouve en vêtements masculins pour interpréter l’air de Stephano «Que fais-tu, blanche tourterelle?» tiré de «Roméo et Juliette» de Gounod. . Elle s’y révèle pétillante et attachante. On l’imagine en «chevalier à la rose» dans quelques années. Le maître, qui a présenté chaque musicien et chaque air a réservé une surprise somptueuse. Sophie Koch, la sublime dernière épouse de Barbe-Bleue la saison passée et la Kundry du printemps prochain, vient chanter avec celles auxquelles elle a donné des master classes et ensemble, elles interprètent la célèbre barcarolle des «Contes d’Hoffmann», «Belle nuit, nuit d’amour». C’est un superbe cadeau final qui vaut à tous les chanteurs comme à Michel Plasson rappels et applaudissements. Les chanteurs sont accompagnés au piano par Kira Parfeevets.
Le maître n’a pas manqué de remercier aussi celui qui gère l’Académie, musicien lui-même; Didier Laclau-Barrère, dont on sait l’investissement total et efficace pour l’Académie.
Une belle soirée, dont il faut espérer qu’elle ait des retombées pour les jeunes artistes.

Danielle Anex-Cabanis