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Vêpres luthériennes

Scheidt, Schütz et Praetorius

Vêpres luthériennes
 
Vêpres luthériennes Scheidt, Schütz, Praetorius. Ensemble vocal de l’Orbe, la Camerata baroque. Ensemble Frates. Direction Daniel Meylan. CD Hortus 2018.

Le projet de ce disque est une reconstitution de vêpres luthériennes telles que les fidèles pouvaient les écouter pendant l’Office.
Plusieurs compositeurs ont été choisis de manière à constituer un tout cohérent.
Le chef, Daniel Meylan, a fait appel à plusieurs configurations instrumentales et vocales pour restituer ces vêpres. On trouve dans ce disque des pièces d’orgue, des pièces instrumentales, mais aussi un plateau de solistes vocaux et un chœur.
Plusieurs problèmes se posent à l’écoute de ce disque: d’une part, une prise de son très brouillonne, sans relief, notamment dans les pièces où le grand chœur intervient, avec l’impression que les micros ne captent pas l’acoustique de l’endroit et d’autre part, la qualité de ce chœur, où se côtoient des problèmes de justesse, une couleur terne et une prononciation approximative du texte: aucune projection des consonnes, problèmes de placement de voix surtout pour les ténors qui sont à la peine dès que la mélodie monte vers les aigus (plage 3).
Cependant, on peut souligner le bon niveau du plateau instrumental (les pièces d’orgue sont très belles, réalisées sur un instrument possédant de beaux jeux d’anches. Malheureusement la plaquette de présentation ne donne aucune information sur l’instrument).
On peut aussi regretter une direction peu inspirée: des phrasés plats, (le psaume 100 de Schütz par exemple, où la scansion du texte qui doit donner toute l’énergie à la pièce reste très timide), des contrastes absents, (des tempos qui varient très peu). On reste cloué dans une pulsation rigide, (surtout dans les chorals).
Un disque inégal où se côtoie le très bon (le quatuor de solistes vocaux, l’ensemble instrumental et le moyen (le chœur, et la direction).
On peut enfin formuler une remarque sur une durée un peu chiche (54 minutes sur un CD, c’est peu).

Michel Pertile