Utmisol

Carmen de Bizet

Soirées Lyriques de Sanxay

Théâtre gallo-romain de Sanxay

> 14 août

Carmen de Bizet
 
Depuis plus deux décennies, le festival de Sanxay est maintenant bien établi dans le département de la Vienne. Dès ses débuts sous la direction artistique de Christophe Blugeon, ce festival rassemble toutes les forces vives de ce territoire pour populariser l’opéra à travers des productions grand public, mais toujours avec une grande exigence artistique. On ne peut que rendre hommage à toute cette équipe dynamique de bénévoles et de professionnels, tous animés par un enthousiasme communicatif.
Cette saison était consacrée à l’opéra le plus connu de Bizet. La scénographie de Jérome Bourdin n’a rien à envier aux maisons d’opéras bien établies: un décor ingénieux, efficace, avec un plateau tournant stylisant chaque scènes de cet opéra sans tomber dans une Espagne de clichés rebattus.
La mise en scène de Jean-Christophe Mast demeure très photogénique, avec la volonté de ne pas dénaturer l’œuvre: en particulier l’occupation de l’espace des chœurs, très belle visuellement.
La direction de Roberto Rizzi Brignoli (que nous retrouverons au Théâtre du Capitole avec Gioconda de Ponchielli) est enthousiasmante: précision, sans de la finesse et du détail. Comme à son habitude, il fait sonner l’orchestre merveilleusement, avec une jubilation communicative. Mentionnons également une très belle intervention du chœur d’enfant, chantant juste, et articulée.
Le rôle-titre était tenu par la mezzo géorgienne Ketevan Kemoklidze, qui contrairement à ce que l’on entend souvent chez ses compatriotes, sait incarner son rôle avec conviction et investissement. Peut-être pourrait-on lui reprocher un registre de voix de poitrine quelque peu déroutant sur quelques passages.
Le Don José de Azer Zada reste une valeur sûre vocalement: l’air de La Fleur que tu m’avais jetée est chanté comme Bizet le demandait: en falsetto et piano pour les notes les plus aigües. Néanmoins, on sent le chanteur quelque peu engoncé dans son costume de brigadier, nuisant ainsi à son occupation de l’espace par son personnage. Nous aurions aimé aussi une diction du français plus subtile.
Notons enfin la magnifique Micaëla d’Adriana Gonzales, toute en retenue, extrêmement touchante, une des révélations de ce spectacle.
Si vous passez dans la région, n’hésitez pas à venir écouter un opéra dans ce magnifique site gallo romain (prévoyez des vêtements chauds!) avec une merveilleuse acoustique.

Michel Pertile