Utmisol

Elektra

Théâtre du Capitole

> 4 juillet

Elektra
Photographies par Mirco Magliocca 
Elektra
Photographies par Mirco Magliocca 
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Photographies par Mirco Magliocca 
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Photographies par Mirco Magliocca 
Elektra
Photographies par Mirco Magliocca 
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Photographies par Mirco Magliocca 
Elektra
Photographies par Mirco Magliocca 
La production d’Elektra présentée au Théâtre du Capitole est sans contestation possible une absolue réussite.
Michel Fau signe une mise en scène d’une grande intelligence et d’une rare puissance malgré un espace restreint. Les protagonistes sont à l’avant-scène, l’orchestre, vu son effectif, étant installé sur la scène. Quelques ruines, une statue d’Agamemnon effondrée et un monde souterrain habité par une Elektra possédée par la douleur et la vengeance. Un rideau isole l’orchestre de la scène qu’Egon Schiele n’aurait pas renié! Nos artistes connaissent sur le bout des doigts la Grèce antique, pas celle de Périclès mais bien celle de Mycènes, et la Sécession viennoise. C’est un vrai bonheur de découvrir cette lecture sans aucune erreur d’interprétation, ce qui est rare de nos jours et mérite d’être souligné. Les costumes de Christian Lacroix sont somptueux: ah! ce manteau rouge de la reine Clytemnestre. Même les serviteurs se voient parés de costumes étudiés avec soin. Quant à la danse extatique d’Elektra, elle reprend des attitudes du Sacre du Printemps chorégraphié par l’immense Nijinsky, autre partition quasi contemporaine d’une grande puissance tellurique.
La distribution est superlative. Ricarda Merbeth est Elektra, vocalité incandescente, puissance violente et talent de tragédienne. Johanna Rusanen, Chrysothémis, arrive vêtue comme une madone mais déchire la scène par sa voix de feu, son cri final «Oreste» nous glace d’effroi. Violeta Urmana est une Clytemnestre à la stature physique et vocale impressionnante, peut-être même impériale. L’Oreste de Matthias Goerne s’impose par sa rigueur et le luxe de son interprétation. L’Egisthe de Frank van Aken complète avec efficacité cette distribution magistrale.
Frank Beermann dirige la phalange du Capitole avec une rare maîtrise et fait de cette partition démesurée un véritable torrent de lave.
Une production magistrale, animale, tragique, cruelle… sublime.

Marc Laborde