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Festival baroque

Nathalie STUTZMANN, contralto et son orchestre Orfeo 55

Montauban

> 23 octobre

Festival baroque
Photos j.-J Ader 
Festival baroque
Photos j.-J Ader 
Les organisateurs de la première édition du festival baroque de Montauban avaient choisi de la terminer avec panache en conviant Nathalie Stutzmann qui chante en même temps qu’elle dirige son orchestre, Orfeo 55, créé il y a deux ans. Elle avait choisi un programme tout entier tiré de l’œuvre de Vivaldi, dont on sait que, contrairement à la mode de son temps, il préférait les voix de contralto à celles des castrats chères à Porpora et d’autres récemment revisités par Cecilia Bartoli. Le prêtre roux composait ses airs pour des interprètes déterminés qu’il admirait et souhaitait mettre en valeur. Ce sont donc à chaque fois de véritables bijoux que met en valeur une belle voix moyennant qu’elle s’appuie sur une solide technique. Nathalie Stutzmann a les deux et en donne particulièrement la mesure dans le très beau, encore qu’un peu archaïque, Stabat mater, la pièce la plus longue de son programme.
Les autres airs du récital sont intéressants, mais la double fonction de chef et de cantatrice entraîne de facto un choix et le maestro, à moins qu’il ne faille dire la maestra, se donne à fond à son orchestre sans doute au détriment de la contralto. C’est superbe, mais avec une concentration plus grande, on sent que ce serait sublime. Un voile de moins dans la voix ici, un peu plus d’épaisseur là…
Le regret est d’autant plus vif que le CD enregistré, à l’Arsenal de Metz, en 2010 par les mêmes interprètes, sous le titre Vivaldi, prima donna, ne mérite pas la même réserve.

Danielle Anex-Cabanis