Utmisol

Le dévoilement des sons

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 17 novembre

Le dévoilement des sons
Photographies par guybraunstein.com, Balázs Böröcz, Doh Lee 
Le dévoilement des sons
Photographies par guybraunstein.com, Balázs Böröcz, Doh Lee 
Le dévoilement des sons
Photographies par guybraunstein.com, Balázs Böröcz, Doh Lee 
Tugan Sokhiev, direction, Guy Braunstein, violon, Istvàn Vàrdai, violoncelle, Kim Sunwook, piano.

Compositeur et philosophe, Hugues Dufourt nous présente ce soir un de ses dernières œuvres pour grand orchestre. Baptisée Ur-Geräusch, titre tiré d’un essai du poète allemand Rainer Maria Rilke sur le “bruit premier“, rattachée au courant spectral, se voulant un hommage à la troisième symphonie de Beethoven qu’elle cite un très court instant, se composant de subtiles oscillations de sons naissant des cordes sur des roulements guerriers de percussions et de brutales déflagrations des vents, elle se déploie le temps d’une demi-heure en une méditative interrogation sur la valeur de ce “bruit premier“. Tugan Sokhiev qui en assure la création française aprés Marek Janowski qui en avait assuré la création mondiale à Bonn durant la Beethovenfest en septembre dernier, met tout son talent, sa conviction et l’ardeur de son orchestre pour en traduire toute l’originalité. L’auteur le rejoindra vite sur scène pour en partager le triomphe.
Le Triple concerto de Beethoven, loin de cette esthétique mais contemporain de sa troisième symphonie, met ce soir en valeur un trio de solistes particulièrement homogène comme ils démontreront plus tard lors du bis dans la remarquable exécution de l’andante du premier trio de Mendelssohn. Guy Braunstein au violon, Istvàn Vàrdai au violoncelle et Sunwook Kim au piano rivalisent de poèsie et de légèreté pour magnifier cette page concertante. Modèle de clarté et d’élégance l’accompagnement de Tugan Sokhiev les pousse encore à se sublimer.
Aprés ce deuxième triomphe, la quatrième symphonie de Brahms respire avec un naturel incroyable comme si elle voulait s’éloigner de tout drame intérieur. Tugan Sokhiev n’oublie jamais cependant d’alimenter la tension rythmique implacable qui sous-tend la partition et obtient, d’autant que son orchestre affiche un impact physique impressionant, un sentiment de grandeur fascinant et, surtout, un magnétisme certain.

Jean- Félix Marquette