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Émile Goué

2e symphonie : Ballade sur un poème d’Emily Brontë

Émile Goué
 
Émile Goué: 2e symphonie en la, Ballade sur un poème d’Emily Brontë. Enregistrements I. N. A. CD Azur Classical.

Émile Goué (1904-1946), compositeur français maintenant un peu oublié, a la chance de retrouver le devant de la scène grâce aux enregistrements que lui consacrent la Collection du Festival Internationnal Albert-Roussel et le label Azur Classical.
Cet album regroupe sa seconde et ultime symphonie et une ballade pour soprano et ensemble.
Ces enregistrements sont tirés d’archives radiophoniques de l’I. N. A. et datent respectivement de 1958 et 1949.
La symphonie en la avec violon principal fut composée en captivité en 1943. Cette symphonie de guerre en quatre mouvements s’ouvre sur une envolée lyrique pleine d’euphorie dans son premier mouvement marqué modérément animé, puis devient mystérieuse et alanguie dans son deuxième marqué très lent, s’anime d’un onirisme féérique dans le troisième marqué animé, et enfin, se parachève par un chant de triomphe dans son final marqué animé également. Influencée par l’esthétique de Vincent d’Indy, de César Franck, voire d’Arthur Honneger, c’est une page qui s’inscrit dans son époque tourmentée et qui mérite d’être connue et écoutée.
Tony Aubin qui dirigeait l’Orchestre Radio-Symphonique de Paris et Max Roques au violon semblent en être les traducteurs les plus fidèles.
La Ballade sur un poème d’Emily Brontë pour soprano, quatuor vocal, quatuor à cordes et piano date de 1940 et manifeste la veine la plus lyrique et poétique de son auteur.
Ici, malgré un son un peu précaire, nous assistons avec bonheur à l’enregistrement de la création de cette œuvre en 1949 avec la soprano Marie Béronita, le Quatuor Krettly, Henriette Roget au piano, un quatuor vocal et la direction de Louis de Froment, qui tous manifestent l’émotion particulière de toute création.
Ces enregistrements, outre leur portée historique, ont surtout l’interêt de nous faire découvrir un répertoire inédit et un compositeur de grand talent qui mériterait de sortir des limbes du passé.

Jean-Félix Marquette