Utmisol

Les Caprices de Marianne

Théâtre du Capitole

> 22 janvier

Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Les Caprices de Marianne
Photos par Alain Julien 
Commandée par le festival d’Aix en 1953, l’œuvre d’Henri Sauguet laisse quelque peu perplexe. Exigeante pour Marianne, la musique de Sauguet lui impose un registre de soprano classique et de colorature, ce qui n’est pas rien, même si l’auditeur n’y prête pas nécessairement toute l’attention que la prouesse mériterait, parce qu’elle n’est pas prima facie spectaculaire. Aurélie Fargues s’y montre excellente. Les autres rôles sont bien campés. Le trio Marc Scoffoni, Octave, François Rougier, Coelio, et Norman D. Patzke, Claudio, sont parfaits, sans oublier Julien Bréan, désopilant en Duègne. Soulignons encore la qualité de la direction de Claude Schnitzler, manifestement très à l’aise avec cette partition
Coproduction entre 15 partenaires, cette «Marianne» bénéficie d’une mise en scène astucieuse dans un décor splendide, qui combine des accessoires réalistes et des costumes plutôt discrets à un environnement onirique de perspectives inversées illuminés par des jeux de lumière colorés, au gré de l’évolution de l’action.
Tout cela est donc positif, pourtant on reste sur sa faim, avec l’envie de dire «tout ça pour ça»! La pièce de Musset a en fin de compte passablement vieilli, elle s’inscrit dans une longue série, que Gainsbourg avait joliment résumée dans sa célèbre chanson, «Je t’aime moi non plus» , qu’on pourrait plus trivialement exprimer en disant «n’est pas beau qui est beau, mais qui plaît». A relire le texte original, on peut pourtant éprouver une réelle émotion, tant les vers sont beaux, mais pas avec le livret, bien fade de Jean-Pierre Grédy.
Que, face aux difficultés économiques du temps, les théâtres coproduisent, c’est très bien, mais qu’ils choisissent de vrais chefs d’œuvre, le répertoire classique comme le contemporain n’en manquent pas, ainsi le sublime «Written on skin» de Georges Benjamin, qui nous a tant bouleversés il y a deux ans, pour n’en citer qu’un. Sinon, on tombe dans le provincialisme, dans ce qu’il a de plus désolant.

Danielle Anex-Cabanis