Utmisol

Organ circus

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 14 octobre

Organ circus
Photos par Thomas Grube et J.F. Marquette 
Organ circus
Photos par Thomas Grube et J.F. Marquette 
Festival Toulouse les Orgues
Cameron Carpenter, orgue
Tugan Sokhiev, direction

Jeune, brillant et fantasque (de la crête iroquoise aux chaussures scintillantes) organiste américain, Cameron Carpenter s’est fait construire par la firme bostonienne Marshall And Ogletree, d’aprés ses plans propres, un orgue numérique baptisé International Touring Organ. Cet orgue aux cinq claviers à la beauté futuriste et ses impressionantes enceintes occupe ce soir la scène de la Halle aux Grains.
Accompagné par le trés complice Tugan Sokhiev et son Orchestre National du Capitole de Toulouse, ce fantastique instrumentiste se lance aussitôt dans la Toccata festiva pour orgue et orchestre de Samuel Barber où sa verve dissipée et son énergie inextinguible dynamitent cette œuvre spectaculaire (elle fut créée par Edward Power Biggs en 1960 pour l’inauguration de l’orgue de l’orchestre de Philadelphie). Il s’y montre souverain à l’image de la fameuse cadence pour pédalier seul qu’il interprète dans une danse endiablée qui laisse le public pantois.
Les Three Songs de George Gershwin, données ce soir dans un arrangement pour orgue et orchestre de Daniel Powers, offrent le swing sublimé des années 20 et 30 dans un magnifique feu d’artifice savamment entretenu par ce piquant ludion et le soutien infaillible de Tugan Sokhiev et de son magnifique orchestre.
Follement acclamé, Cameron Carpenter nous offre deux bis retentissants: la Gigue de la cinquième Suite Française de Jean Sébastien Bach et une improvisation trés personnelle de nôtre Marseillaise.
Aprés l’entracte, la Suite 3 de Piotr Ilitch Tchaïkovski, en quatre mouvements, est l’occasion pour Tugan Sokhiev de faire, une nouvelle fois, briller son orchestre et notamment le cor anglais de Gabrielle Zaneboni et le violon de Boris Garlitsky, en nous démontrant sa trés grande affinité qui le lie à la musique passionnée et éblouissante du maître russe. Le public ne peut que s’en réjouir.

Jean-Félix Marquette