Utmisol

Romantisme marmoréen et
néo-classicisme étincelant

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 24 avril

Romantisme marmoréen et<br>néo-classicisme étincelant
Photo de Gianandrea Noseda par Sussie Ahlburg 
Romantisme marmoréen et<br>néo-classicisme étincelant
Photo de Gianandrea Noseda par Sussie Ahlburg 
Alexander Toradzé, piano
Gianandrea Noseda, direction

Goffredo Petrassi (1904-2003), compositeur italien et pédagogue réputé, grand chantre du néo-classicisme, a composé huit concertos pour orchestre mais pas de symphonie. Néanmoins, sa Partita pour ochestre de 1932 est ce qui s’en rapproche le plus. En trois mouvements, Gagliarda, Ciaccona et Giga, elle fait appel à un grand orchestre et emploie même deux saxophones (alto et soprano). Rappelant la musique d’un Stravinski voire d’un Bartok, c’est avant tout une œuvre qui affiche une plastique parfaite et des rythmes irrésistibles.
Gianandrea Noseda, grand connaisseur de cette musique (il l’a du reste enregistrée avec l’Orchestra Teatro Regio Torino chez Chandos), sait parfaitement transmettre à son orchestre d’un soir, dont il devient un hôte habituel, l’élan et la vision qui en subliment la beauté intrinsèque.
Alexander Toradzé, américain d’origine georgienne, grand spécialiste du répertoire russe (il fut formé au conservatoire Tchaïkovski de Moscou), a dans les doigts le second concerto pour piano de Dimitri Chostakovitch. Osant une échelle dynamique particulièrement étendue, bousculant la partition d’une virtuosité arrogante, mais s’épanchant presque avec préciosité dans le magnifique andante, il fait vivre cette œuvre dans un climat d’allégresse qui semble ne jamais s’éteindre. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse, ici animé de la même flamme, le suit au plus prés, conduit d’une main de maître par un Gianandrea Noseda trés impliqué.
À priori, on n’attendrai moins ce dernier dans la musique de Brahms. Mais sa lecture de sa première symphonie est plus que convainquante. Il obtient ici de l’Orchestre du Capitole un impact physique impressionnant. Sans jamais relâcher une tension constante, il dessine ici une immense fresque narrative au souffle épique et à l’élan inextinguible, qui ne peut que tous nous emporter.

Jean-Félix Marquette