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Mieczysław Weinberg

Ilya Gringolts et Jacek Kaspszyk

Mieczysław Weinberg
 
Mieczysław Weinberg: Concerto pour Violon, Symphonie 4; Ilya Gringolts, violon; Jacek Kaspszyk, direction; Orchestre Philharmonique de Varsovie; Warner Classics

Né à Varsovie en 1919 dans une famille d’ascendance juive, Mieczysław Weinberg se réfugia à Tachkent en Ouzbékistan en 1939 lors de l’invasion de la Pologne par l’armée allemande. C’est Dimitri Chostakovitch, qui connaissait sa musique, qui l’encouragea à venir s’établir à Moscou en 1943 où il fit toute sa carrière et où il mourut en 1996. Auteur de 22 symphonies (la dernière reste inachevée), de 4 symphonies de chambre, de concertos et de 17 quatuors à cordes, il est un compositeur majeur de l’ère soviétique, et comme en témoigne cet enregistrement récent, émanant de la succursale polonaise de Warner Classics, son œuvre exceptionnelle tend enfin à sortir de l’ombre.
Son unique concerto pour violon date de 1959 et fut dédicacé au grand violoniste soviétique Leonid Kogan qui l’enregistra avec Kirill Kondrachine et l’Orchestre Philharmonique de Moscou (paru, du reste, avec le même couplage, chez le défunt éditeur anglais Olympia). En quatre mouvements, il présente une parenté certaine avec le premier concerto de Chostakovitch qui lui est antérieur d’une dizaine d’année.
Ici, Ilya Gringolts, russe jusqu’au bout de l’archet, en donne une lecture aussi lyrique qu’aboutie, aidé, en celà, par les relances plus que circonstanciées de Jacek Kaspszyk et de son magnifique Orchestre Philharmonique de Varsovie.
La symphonie 4 date, elle, de 1957 mais fut remaniée en 1961 pour la première éxécution mondiale que donna Kirill Kondrachine avec l’Orchestre Philharmonique de Moscou. En quatre mouvements également c’est certainement un des chefs-d’œuvre de cet auteur, et, là encore, Jacek Kaspszyk se montre le digne héritier de Kirill Kondrachine pour en exprimer toute la noirceur et toute la poésie quasi hantée qui l’habitent.
Ainsi, cet album, présenté dans un luxueux (mais un peu grand) habillage de carton, ne peut que raviver la flamme du souvenir de ce compositeur rare.

Jean-Félix Marquette