Utmisol

Requiem quadriphonique

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 5 février

Requiem quadriphonique
 
Requiem quadriphonique
 
Tugan Sokhiev, direction
Bryan Hymel, ténor
Orfeón Donostiarra, chœur

La Grande Messe des Morts d’Hector Berlioz fut créée aux Invalides en 1837; dirigée alors par François Habeneck, notoirement hostile à Berlioz, elle rencontra cependant, comme le témoigna à l’époque Alfred de Vigny, un triomphe qui ne s’est jamais démenti jusqu’à nos jours.
En dix séquences, pour chœur mixte et orchestre, elle fait appel pour son avant-dernière partie (Sanctus) à un ténor solo.
Tugan Sokhiev à la tête de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, de l’Orféon Donostiarra et du ténor américain Bryan Hymel la donne ce soir à la Halle aux grains, avant de le redonner demain à la nouvelle Philharmonie de Paris.
Sa vision de cette œuvre est trés spectaculaire. Comme le recommandait le compositeur lui même, il place quatre pupitres de cuivre dans quatre angles de l’hexagone de la Halle aux grains créant ainsi lors de leur déchaînement un effet de quadriphonie particulièrement bienvenu.
De même les nombreuses timbales, au pied du chœur, contribuent à cet effet saisissant.
Par contre, et c’est le défaut majeur de cette lecture, l’intériorité et le recueillement intrinsèques de cette messe sont trop souvent gommés au profit d’un premier degré, certes plus accessible, mais définitivement à contresens.
Le déferlement des masses orchestrales est généralement contenu, chaque pupitre récite sa partition avec science sinon ferveur, mais les séquences s’enchaînent, certes avec contraste, mais souvent sans cohésion.
L’Orféon Donostiarra, à son habitude, rayonne d’une chaleur communicative. José Antonio Sainz Alfaro qui le dirige, l’a bien préparé et permet ainsi à Tugan Sokhiev de trouver une assise solide à son interprétation.
La douce prière du Sanctus est illuminée par le talent et l’engagement de Bryan Hymel, qui rachète presque cette vision plus colorée que lyrique.
Le public, lui, semble y trouver son compte.

Jean-Félix Marquette