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Stella di Napoli

Joyce DiDonato

Stella di Napoli
Photo : Pari Dukovic, Warner Classics 
Stella di Napoli
Photo : Pari Dukovic, Warner Classics 
Joyce DiDonato, Stella di Napoli
Orchestre et choeur de l’opéra de Lyon, direction de Riccardo Minasi
CD Erato 72’15”

Dans une logique qui combine la cohérence musicale et la promotion d’un programme de récital, comme le fait depuis longtemps avec succès Cecilia Bartoli, Joyce DiDonato a composé un programme autour de ces airs qui ont fait la gloire de l’opéra de Naples au début du XIXème siècle, alors à son zénith.
Tous les compositeurs n’ont pas la même célébrité, mais ont tous bénéficié d’une grande notoriété de leur temps, ainsi Pacini, dont on découvre l’air de Stella et Marta, tiré de sa Stella di Napoli, ou encore le grand air de Sapho, tiré de son opéra du même nom, ou encore Carafa et ses Nozze di Lammermoor. Plus connus sont proposés des extraits de Zelmira de Rossini, de Donizetti, avec des airs tirés d’Elisabetta al castello di Kenilworth ou de Maria Stuarda. S’ajoutent des extraits d’Adelson e Salvini, ainsi que d’I Capuleti e i Montecchi de Bellini. Saverio Mercadante est aussi présent avec l’air de Giunia dans La vestale: «Se fino al cielo ascendere».
Le choix est intéressant parce que très diversifié et c’est l’occasion pour Joyce DiDonato de montrer une fois encore l’extraordinaire diversité de sa palette vocale. Elle exprime les sentiments les plus profonds, l’angoisse, la passion comme la fureur. Elle remplit littéralement l’espace sonore, mise parfaitement en valeur par l’accompagnement précis et sensible de Ricardo Minasi à la tête de l’orchestre de Lyon.
Ce type d’enregistrement est l’occasion de découvertes, car certains airs étaient bien oubliés; c’est à ce titre une excellente opportunité. En même temps, on ne peut s’empêcher de regretter le caractère artificiel de l’assemblage: chaque pièce est enregistrée séparément jusqu’à la perfection voulue, puis on ajoute tous les éléments les uns aux autres. Il y manque la spontanéité du récital qu’il faudrait entendre avant le CD pour avoir une chance d’éprouver le choc émotionnel que la prestation hyper-lissée éloigne.

Danielle Anex-Cabanis