Utmisol

Vivaldi Fioritura

Odyssud

> 20 avril

Vivaldi Fioritura
Photos J.-J. Ader 
Vivaldi Fioritura
Photos J.-J. Ader 
Vivaldi Fioritura
Photos J.-J. Ader 
Vivaldi Fioritura
Photos J.-J. Ader 
Pour le 25è anniversaire de l’orchestre Les Passions qu’il a fondé et dirige, Jean-Marc Andrieu a offert un programme éblouissant vivement applaudi par le nombreux public d’Odyssud, dans le cadre des Rencontres de Musique Ancienne. La ravissante soprano Julia Kogan met sa fort belle voix au service d’airs de Vivaldi, qui, tirés d’opéra ou d’œuvres religieuses, requièrent virtuosité, notamment dans la reprise de thèmes avec fioritures qui sont de la haute voltige, et sensibilité, que requiert la richesse la composition de Vivaldi, qui n’a rien à voir avec la fonction de quasi Jingle que l’on donne à certains de ses extraits.
Elle attaque avec Ben conosco a poco a poco tiré d’Arsilda Regina di Ponte, continue avec Squarciami pure il seno, extrait de Il Tigrane pour un extrait de La fida Ninfa, l’Alma oppressa da sorte crudele, puis offre trois airs tirés de Bajazet, Sposa, son disprezzata, Nasce rosa lusinghiera et Anche il mar par che sommerga. En seconde partie, elle change de registre avec In furore giustissimae irae, dont elle présente deux arias, un récitatif et enfin l’Alleluia final. C’est à chaque fois un enchantement, car avec une grâce exquise, Julia Kogan interprète vraiment, amour, désespoir, rêve et chagrin sortent de ses vocalises parfaitement maîtrisées, si bien qu’il faut presque faire un effort pour les reconnaître, elles jaillissent, coulent avec un naturel désarmant. Elle se les est totalement appropriées, elle ne joue pas, elle vit. Cela reste vrai dans les airs religieux ou l’on passe de la fureur à l’apaisement lumineux de l’alleluia final.
En interlude, l’orchestre offre la superbe Tempesta di mare, ce concerto pour flûte à bec que joue, changeant de fonction, Jean-Marc Andrieu lui-même, alliant précision et renouvellement dans une interprétation légèrement syncopée très convaincante. Tiré de L’Estro armonico, le concerto pour deux violons et violoncelle, joué debout par les musiciens comme autant de solistes, est un véritable enchantement. On apercevait la place Saint-Marc par la fenêtre du grand salon du palais qui nous accueillait pour un concert hors du temps.
Bref une soirée magnifique, précédée par une conférence du président de l’orchestre, Marc Laborde, pour présenter les opéras de Vivaldi et sa technique de composition; comme à l’accoutumée c’est précis, savant et plein d’humour. Ce moment privilégié se conclut pour les invités de l’orchestre par un cocktail amical autour des artistes. Que les 25 prochaines années soient aussi belles!

Danielle Anex-Cabanis