Utmisol

Benjamin Righetti

Chorals de Franck et de Brahms

Saint-François à Lausanne

Benjamin Righetti
 
Benjamin Righetti
 
Benjamin Righetti
 
Le Couvent Saint Ulrich Sarrebourg
CD 77’28’’

La belle église gothique de Saint François qui se dresse entre les trois collines de Lausanne dispose d’un orgue exceptionnel, combinant les jeux classiques et la technologie électronique la plus moderne, ce qui rend possible l’exécution d’œuvres complexes et subtiles. Leur enregistrement requiert un excellent interprète s’exprimant sur un bel instrument et un ingénieur du son de grande qualité.
Le présent enregistrement offre tout cela.
Benjamin Righetti n’a pas choisi la facilité en proposant en proposant 3 chorals de Franck et 11, brefs, de Brahms. Dans la tradition luthérienne, les chorals instrumentaux précèdent les chœurs, voire s’y substituent. Les paroles sont alors évoquées dans le titre, ce qui leur donne l’ancrage biblique nécessaire: on est dans la ligne d’une recherche du son pur, porteur d’un élan vers le divin, vers l’indicible. Il y a une sorte d’austérité pour aller à l’essentiel. Mendelssohn recourut au même procédé avec ses «Lieder ohne Worte», comme l’avaient fait avant lui Joseph Haydn voire le maître en la matière que fut jean Sébastien Bach.
S’agissant de l’œuvre de Franck, le mot de choral doit être entendu plus largement eu sens de musique vocale d’ensemble. Franck a composé ces trois chorals peu de temps avant sa mort qu’il savait proche, d’où une charge émotionnelle, une quête de spiritualité forte dans ses compositions en forme de poèmes symphoniques, traversés pourtant par des lignes vocales repérables avec un peu d’attention.
Le CD est une pleine réussite tant par l’intérêt de ces 14 chorals que grâce à l’interprétation magistrale de Benjamin Righetti. Son jeu subtil, marqué par une maîtrise parfaite de son instrument, est empreint d’une grande sensibilité et il donne littéralement du corps et du souffle à ces compositions relativement austères, grâce à un usage avisé de toutes les ressources de son clavier.
Encore une très belle réalisation du «Couvent»!

Danielle Anex-Cabanis