Utmisol

Vagues déferlantes et explosions de lumière

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 20 mars

Vagues déferlantes et explosions de lumière
Photos Marion Chaix et Patrice Nin 
Tugan Sokhiev, direction
Olivier Stankiewicz, hautbois

Benjamin Attahir, compositeur de 25 ans originaire de Toulouse, a confié à son ami Olivier Stankiewicz, âgé du même âge, premier hautbois de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse depuis 2011, la création de son concerto baptisé Nur. Cette œuvre qui mobilise un grand orchestre au pupitre de percussions particulièrement développé oppose cette machine symphonique, selon les termes de l’auteur, aux envolées lyriques ou torturées de l’instrument soliste. Séquences calmes ou agitées se succèdent harmonieusement, plages statiques puis brusques explosions sonores rythment un discours ambitieux au net parfum orientalisant. Particulièrement soignée, la partie soliste, à l’image de la belle cadence toute en retenue qui fracture l’œuvre, est un véritable festival qui met en valeur l’art d’Olivier Stankiewicz. De même, le dialogue entre le soliste, le hautbois et le cor anglais de l’orchestre reste un moment magique de ce concerto qui ne peut que s’inscrire dans le répertoire.
Convaincu et très convaincant, Tugan Sokhiev drape son délicat soliste d’une étoffe aussi soyeuse que miroitante. L’auditoire est conquis et acclame les acteurs puis l’auteur de cette fantastique pyrotechnie sonore.
Impérial, Olivier Stankiewicz se lance alors dans deux bis. Le premier, rejoint par les cordes et un basson de son orchestre, est tiré de l’Oratorio de Pâques de Jean Sébastien Bach, le second, en solo, est une étude pour hautbois du compositeur contemporain Gilles Silvestrini, où dans chacun il manifeste la même autorité, le même talent.
Entourant cette création mondiale, l’ouverture Les Hébrides de Félix Mendelssohn et la quatrième symphonie de Robert Schumann manifestent une fois encore les affinités rares qu’entretient Tugan Sokhiev avec la musique romantique. Les déferlantes irrésistibles du beau poème symphonique de Mendelssohn sont ici les sœurs du torrent douloureux mais lumineux de Schumann.

Jean-Félix Marquette