Utmisol

Mozart en Olympie

W.A. Mozart. Symphonies 30 et 41

Mozart en Olympie
 
John Eliot Gardiner et les English Baroque Soloists.

John Eliot Gardiner est un grand chef qui peut aborder avec succès tout le répertoire. En choisissant d’enregistrer le dernier concert d’une tournée de 2006 aux USA et en Europe il confirme sa qualité de chef mozartien. Ces deux symphonies sont magnifiques, inouïes de somptuosités quand on sait que Mozart les a composées dans le moment qu’il décrit comme étant «le bas» le plus dur de sa vie. Le chef britannique sait leur rendre toute l’énergie volontaire du génial compositeur viennois en sa fin de vie. L‘orchestre rivalise de virtuosité sur «instruments baroques». Aucune phalange n’a proposé sur ce type d’instruments une telle splendeur sonore à ma connaissance. Les cordes ont une précision et une souplesse de phrasé remarquables, les bois une fraîcheur et une subtilité de nuances rares, les cors, trompettes et timbales une énergie et une rondeur majestueuse sans emphase excessive. Le rebondi de la direction de J. E. Gardiner permet des relances et des développements, stimulant l’écoute à tout instant. Le final fugué de la symphonie Jupiter est anthologique dans son héritage de Bach assumé, sa précision rythmique sans sécheresse. L’humour est également présent dans cette interprétation, comme un hommage à Haydn. La beauté et la modernité de ces symphonies (la 39 avec les clarinettes), n’a jamais été aussi vivifiante.
La prise de son est analytique et précise, permettant une écoute détaillée de ces partitions complexes tout en rendant l’engagement unique lié au concert. La direction théâtrale de John Eliot Gardiner les relie à ses plus beaux opéras en forme de dramma giocoso.
Ces deux symphonies n’étaient que la première partie du concert de Londres. La 40e symphonie et la messe en Ut de la deuxième partie, nous les attendons avec enthousiasme!

Hubert Stoecklin

1 CD Soli Deo Gloria.
Enregistré le 9/2/2006 au Cadogan Hall, London.
Durée: 66’50.