Utmisol

Pean et Threne

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 10 décembre

Pean et Threne
Josep Pons - Photo A. Bofill 
Katia & Marielle Labèque, pianos
Josep Pons, direction




On ne présente plus les sœurs Labèque. On les associe immédiatement au répertoire pour deux pianos. Le concerto pour deux pianos et orchestre de Francis Poulenc est un fleuron de ce répertoire. Elles l’ont joué certainement des centaines de fois. Leur complicité, leur entente sont ici perceptibles par le moins averti des auditeurs. Elles s’emparent de ce chant de joie guerrière, de poésie langoureuse toute méditerranéenne puis de cette exaltation d’élan vital irrépréssible avec une assurance, une grâce souveraine, une autorité qui emportent tout sur leur passage. Josep Pons, qui est de plus en plus présent à la Halle aux Grains et que nous retrouvons toujours avec le même plaisir, affiche la même autorité et pour tout dire la même grâce pour relancer un dialogue éblouissant entre ces deux magnifiques solistes et cet orchestre enchanteur.
Le public ne peut que rendre les armes devant ces deux espliègles fées qui l’entraînent aussitôt dans un Embarquement pour Cythčre, valse-musette pour deux pianos du même Poulenc. . .
D’un tout autre climat et d’une toute autre dimension, la cinquième symphonie de Gustav Mahler retentit alors. Ici, Josep Pons, qui possède parfaitement la partition et en perce facilement les mystères, en souligne, s’il en était encore besoin, le caractère dramatique. La Marche funèbre initiale devient une véritable descente aux enfers, le scherzo, avec au cor un Jacques Deleplancque optimal, une chevauchée épique irrésistible. Le célèbre adagietto, loin de toute mièvrerie, revêt mille ombres miroitantes accentuant son climat de douceur nocturne envoûtante. Le finale enfin, sarcastique en diable, renforce le caractère inéluctable de la tragédie annoncée.
Du grand art!

Jean-Félix Marquette