Utmisol

La dissipation des ténèbres

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 17 janvier

La dissipation des ténèbres
Photo Giancarlo Guerrero : Alain Poizner. Photo Soula Parassidis : Dirk Brzoska. 
La dissipation des ténèbres
Photo Giancarlo Guerrero : Alain Poizner. Photo Soula Parassidis : Dirk Brzoska. 
Giancarlo Guerrero, direction
Soula Parassidis, soprano

Darkness in the Ancient Valley, symphonie en cinq mouvements du compositeur américain d’origine iranienne Richard Danielpour, fut écrite en 2011 pour témoigner de la souffrance du peuple iranien, le meurtre de la jeune Neda Agha-Soltan en 2009 lors des émeutes anti-gouvernementales étant l’élément déclencheur de la composition.
Pour grand orchestre, elle fait appel dans son dernier mouvement à une voix de soprano qui chante un poème du grand poète persan du XIIIè siècle Djalal ad-Din Rûmi.
Elle fut créée et enregistrée chez Naxos par Giancarlo Guerrero et l’orchestre symphonique de Nashville. C’est ce même Giancarlo Guerrero qui la dirige ce soir avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse. D’une belle ampleur symphonique, mêlant ostinati percussifs, envolées rageuses des cuivres, modes persans et rythmes soufis dont Djalal ad-Din Rûmi fut un des inspirateurs, elle se présente, ce soir, grâce à cette direction plus qu’engagée et à nôtre orchestre très inspiré, sous son meilleur jour. Soula Parassidis qui habite le dernier mouvement de son souffle lumineux participe grandement au succès final qu’elle remporte.
Lors de la création de cette œuvre en novembre 2011, Giancarlo Guerrero avait déjà associé cette dernière à la quatrième symphonie de Gustav Mahler. Ce soir, il réitère cette mise en parallèle. En effet, cette page de Mahler requiert, elle aussi, une voix de soprano dans son dernier mouvement enchanté par un lied tiré du Knaben Wunderhorn.
Nous retrouvons donc Soula Parassidis, qui là encore, illumine de sa belle voix diaphane cette évocation naïve du Paradis. Les trois premiers mouvements, purement instrumentaux, convenablement dirigés et exécutés (cors, flûtes et altos s’y montrent miraculeux) amènent parfaitement cette vision paradisiaque qui clôt le concert.
Notons enfin que l’ouverture du Freischütz de Carl-Maria von Weber qui ouvrait les “hostilités” manifestait les mêmes qualités interprétatives et le même plaisir de communiquer cette passion musicale.

Jean-Félix Marquette