Utmisol

Stephen Kovacevich

Récital

Halle aux Grains

> 9 avril

Stephen Kovacevich
 
En remplacement de Nelson Freire, malade, c’est à Stephen Kovacevich que les Grands interprètes ont fait appel pour cette soirée de récital. Le pianiste américain démarre avec Jean-Sébastien Bach et le Prélude et fugue 4, en ut dièse mineur BWV849 suivi de la magnifique Partita 4, en ré majeur, BWV828. Il poursuit avec la Sonate 5, en ut mineur, opus 10 1 de Beethoven. Après l’entracte c’est Brahms avec trois pièces brèves, les Intermezzi, en la bémol majeur, op. 76, 3 et en la mineur, opus 76, 7, puis le Capriccio, en ré mineur, opus 116, 7. La place de Schubert est allégée, car seules cinq des Douze Danses allemandes, opus 171, D790, sont proposées avant le Moment musical 6, en la bémol majeur, op. 94 D780. Le récital se termine avec la Sonate 31, en la bémol majeur, opus 110 de Beethoven, une des dernières du compositeur dont on considère volontiers qu’avec les Variations Diabelli elle constitue une partie importante de son testament pianistique. Le programme était d’une extrême richesse, permettant de mettre en valeur des qualités d’interprétation très diverses. Malheureusement, comme il l’a dit lui-même avec une grande simplicité, le pianiste n’était pas en forme, ce qui ne lui a pas permis de donner le meilleur de lui-même pendant la totalité du concert. Les pièces de Bach étaient lumineuses et la 5è sonate de Beethoven avait une tonalité originale, fort autonome par rapport aux classiques de Kempff ou Brendel. Après l’entracte, le pianiste luttait contre sa santé et pour donner la meilleure musique, ce qu’il n’a pas toujours réussi. Brahms restait émouvant car dans ces courtes pièces passait l’amour pour Clara Schumann le goût pour une certaine modernité postromantique remarquable, tandis que Schubert et la sonate finale de Beethoven manquaient sans doute un peu de relief.
Compte tenu des circonstances, une prestation plus qu’honorable, mais qui aurait dû être meilleure. Le bis final ne corrigeant pas pleinement les défauts mentionnés.

Danielle Anex-Cabanis