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Hommage aux compositeurs de Terezin

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 8 mars

Hommage aux compositeurs de Terezin
 
Hommage aux compositeurs de Terezin
 
Nathalia Romanenko, piano
Marek Halter, présentation
Joseph Swensen, direction

Si Auschwitz était l’Enfer de la barbarie nazie, Terezin en était l’anti-chambre. De ce camp transformé en ghetto et qui servit de lieu de détention et de décimation, la propagande nazie fit un lieu de “résidence“ pour les juifs d’Europe centrale. Plusieurs compositeurs déjà célèbres tels Pavel Haas, Hans Krasà, Gideon Klein ou Viktor Ullmann y transitèrent avant de mourir à Auschwitz. Ce concert qui se veut un hommage à ces compositeurs du camp de Terezin est présenté par Marek Halter, qui ainsi, en rappelant cette histoire tragique, veut lutter contre l’oubli et célébrer leur musique.
Dans la même démarche, Nathalia Romanenko, jeune pianiste ukrainienne qui vit maintenant à Paris et qui est accompagnatrice au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, interprète le concerto pour piano de Viktor Ullmann. Ce concerto qui date de 1939 fut écrit à Prague mais remanié à Terezin. En quatre mouvements, il est une synthèse réussie entre la tradition viennoise et la modernité, intégrant (tels les concertos de Schulhoff ou de Jezek légèrement antérieurs) rythmes de Jazz et de Ragtime.
Nathalia Romanenko, qui arbore sur scène un look années quarante avec robe fuseau noire et petit chapeau et talons aiguilles rouges, en donne la meilleure des traductions, tour à tour enflammée et élégiaque. L’accompagnement de Joseph Swensen et de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse à l’image des timbales magiques de Jean-Loup Vergne n’est rien moins qu’impliqué. Très applaudie, cette pianiste rare comble une fois encore son auditoire par un Nocturne de Chopin.
Joseph Swensen, habitué s’il en est de la Halle aux Grains, se rend facilement maître de son orchestre pour délivrer une ouverture du Songe d’une nuit d’été de Félix Mendelssohn à la féérie intacte et pour magnifier une deuxième symphonie de Robert Schumann aux angoisses morbides et à la tendresse mortelle. Un tel concert est bien une victoire contre l’oubli. . .

Jean-Félix Marquette