Utmisol

Natalie Dessay et Philippe Cassard

Halle aux Grains

> 28 février

Natalie Dessay et Philippe Cassard
 
Natalie Dessay et Philippe Cassard
 
Natalie Dessay, soprano, et Philippe Cassard, piano

Tout entier consacré à la mélodie française, ce récital a permis un voyage poétique et musical aux côtés de Claude Debussy, Emmanuel Chabrier, Ernest Chausson, Henri Duparc et Gabriel Fauré. On ne présente plus les deux artistes, encore que leur rencontre ne soit pas naturelle, même si elle se révèle tout à fait convaincante. Si Philippe Cassard s’est déjà investi dans la musique de Debussy en particulier, dont il vient d’enregistrer l’œuvre pianistique à 4 mains et deux pianos dans une superbe série de CD (DECCA), Natalie Dessay est plus réservée face au «genre» récital, auquel manque pour elle la théâtralité, dans laquelle elle excelle au demeurant, de l’opéra.
Le programme choisi est varié, pour Debussy, ce sont essentiellement des œuvres de jeunesse, qui ont précédé les grands classiques du maître. Ce n’est pas mineur pour autant, car Debussy s’est incontestablement construit en combinant poésie et musique. L’ordre choisi est une bonne illustration du développement des qualités du compositeur qui entend mettre ses sensations en musique, sans artifice ni convention mensongère. Il atteint des sommets d’originalité et de délicatesse que les deux interprètes restituent fort bien, très naturels et complices à la fois. Sont particulièrement réussis l’Archet (Charles Cros), le Clair de lune de Verlaine ou le charmant Pierrot de Théodore de Banville. Le récital se poursuit avec Chabrier sur un poème de Catulle Mendès, puis Henri Duparc et la sublime Invitation au voyage de Baudelaire et enfin Ernest Chausson avec le Temps des Lilas.
Enthousiaste, le public applaudit à tout rompre les deux solistes, qui offrent quelques bis, dont le délicieux Colibri vert. Bref une belle soirée, avec une petite question impertinente à laquelle chacun est libre d’apporter sa réponse: dans un tel programme, la vedette n’est pas nécessairement qui on pense, alors à qui la palme? pour moi, je crois que c’est pour Philippe Cassard.

Danielle Anex-Cabanis