Utmisol

Les tréteaux de Maître Pierre

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE

Halle aux Grains

> 6 janvier

Les tréteaux de Maître Pierre
Josep Pons - Photo A. Boffil 
Raquel Lojendio, soprano
Gustavo Pena, ténor
Joan Martin Royo, baryton
Josep Pons, direction

De retour à la Halle aux Grains pour un programme trés original et certainement inédit, Josep Pons retrouve l’Orchestre National du Capitole de Toulouse dans un effectif réduit mais impliqué comme, peut-être, jamais.
La suite d’orchestre du Bourgeois gentilhomme de Richard Strauss, pastiche et hommage à la musique de Lully, subtil mélange de néo-clacissisme épuré et de raffinement d’écriture typiquement straussien, trouve ici une lecture particulièrement stylée. Josep Pons trés attentif aux détails et aux pièges de la partition demande à ses solistes (tour-à-tour la pianiste Inessa Lecourt, le trompettiste René-Gilles Rousselot, le clarinettiste Francis Tropini et le premier violon Malcom Stewart se mettent en valeur) un soin extrème pour réaliser un parcours sans faute et sublimer ainsi cet aimable pasticcio.
Il Retablo de Maese Pedro Les Tréteaux de Maître Pierre), opéra pour théâtre de marionnettes de Manuel de Falla, donné ce soir en version concert, met en scène trois personnages tirés du Don Quichotte de Cervantes. Ces personnages, Le Truchement, qui commente l’action du théâtre de marionnettes, l’aubergiste Maître Pierre et Don Quichotte lui même, s’affrontent dans une tragi-comédie parodique et hilarante.
Le Truchement (jeune garçon dans la pièce), rôle pour soprano qui doit “chanter” dans un mélange de cante llano (récitation ampoulée) et de pregon (cri de bateleur) est ici incarné de façon admirable par Raquel Lojendio qui anime littéralement cette épopée drôlatique. Gustavo Pena est magistral dans le rôle de l’aubergiste, il assure de sa voix puissante et claire le bon déroulement de l’action. Très majestueux, Joan Martin Royo campe un Don Quichotte aussi digne qu’éperdu.
L’orchestre aux mains expertes de Josep Pons, du clavecin mélancolique à la percussion déchaînée en passant par les vents tous remarquables, maintient tout le long de ce sublime théâtre des illusions l’excellence qui les attise. . .

Jean-Félix Marquette