Utmisol

Lost Horizon

Guillaume Connesson

Lost Horizon
 
Stéphane Denève, Brussels Philharmonic, Renaud Capuçon, Timothy McAllister. CD Deutsche Grammophon.

Cet album (double CD) est le troisième que Deutsche Grammophon consacre à Guillaume Connesson, compositeur français contemporain les plus en vue actuellement. C’est Stéphane Denève et son orchestre le Brussels Philharmonic, dont il est le directeur musical depuis 2015, qui nous offre ce beau portrait dévolu à sa musique symphonique en quatre tableaux. Les Cités de Lovecraft, tout d’abord, en trois mouvements, sont un hommage à l’univers fantasmagorique du grand écrivain américain. Titrées tour à tour Céléphaïs, Kadath et La Cité du soleil couchant, elles explorent dans un délire symphonique foisonnant l’onirisme intime et révélé, mêlant ombre et lumière, angoisse et extase, de ce visionnaire habité. Le concerto pour saxophone «A Kind of Trane», hommage à John Coltrane, est défendu avec une rare maestria par Timothy McAllister. Cette œuvre, elle aussi en trois mouvements, autant «planante» que dansante, proposant dans une atmosphère très jazzy de troublants effets de timbre et des envoûtantes spirales sonores, est une réussite parfaite. Le concerto pour violon «Les Horizons Perdus», fait référence au roman de James Hilton «Lost Horizon» porté à l’écran par Frank Capra. En quatre mouvements alternant, deux vifs: Premier et Deuxième Voyages et deux lents: Shangri-La 1 et 2, c’est une magnifique pérégrination intérieure à la luxuriance exacerbée portée par le violon lumineux et souverain de Renaud Capuçon, dont on note, pour l’occasion, le goût très sûr pour les créations qu’il a suscité et souvent enregistré. Enfin, Le Tombeau des Regrets, mouvement symphonique en forme de choral à l’écriture épurée. Stéphane Denève, à la tête de son orchestre aux ressources infinies, sait créer les irrésistibles pulsations et les troublantes couleurs qui sont le fondement de cette musique savante mais plaisante. À écouter sans réserve.

Jean-Félix Marquette