Utmisol

Ariane impériale

Théâtre du Capitole

> 4 avril

Ariane impériale
Photographies par Cosimo Mirco Magliocca 
Ariane impériale
Photographies par Cosimo Mirco Magliocca 
Ariane impériale
Photographies par Cosimo Mirco Magliocca 
Ariane impériale
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Ariane impériale
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Ariane impériale
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Ariane impériale
Photographies par Cosimo Mirco Magliocca 
Ariane impériale
Photographies par Cosimo Mirco Magliocca 
Après une Ariane à Naxos très réussie, Christophe Ghristi poursuit l’évocation du mythe d’Ariane avec cette fois-ci, pour la première fois au Capitole, le chef-d’œuvre de Paul Dukas: Ariane et Barbe-bleue.
Tout amateur d’opéra sait qu’il existe d’agréables spectacles, parfois très agréables…d’autres fois de bons moments d’opéra…et plus rarement des productions qui marqueront définitivement. Celle proposée au Capitole est bien de cette dernière catégorie!
La vision de Stefano Poda est magistrale, avec son peuple des ombres, les fantômes glissent, passent, surgissent, se convulsent… L’univers de Barbe-Bleue, pour être onirique, n’en est pas moins inquiétant et la marche vers la rédemption guidée par Ariane s’achève par une immobilité des femmes de Barbe-Bleue! Le décor est magnifique, tout comme les costumes qui parfois évoquent certains ballets russes. Stefano Poda, avec intelligence, nous conduit dans un labyrinthe dont Ariane sort vainqueur… peut-être… Tout cela est beau, très beau.
La distribution est digne de cet émerveillement visuel, avec même l’émouvante Dominique Sanda… quelques instants plane l’ombre de Visconti. Remarquable interprétation des femmes de Barbe-Bleue qui accompagnent ici un Vincent Le Texier d’une rigueur absolue dans ce rôle très bref. Janina Baechle est une nourrice tout à la fois protectrice et terrifiée car il lui revient d’ouvrir les portes! La voix domine le propos. Nous nous souviendrons longtemps de l’interprétation impériale de Sophie Koch au sommet de son art. Sophie Koch non seulement chante ce rôle écrasant mais incarne aussi ce personnage grâce à une personnalité puissante. Le phrasé est rigoureux, le timbre chaleureux, rond, la projection vocale impressionne. Et si cette incarnation était historique…
Pascal Rophé conduit l’orchestre avec un rare brio, sachant saisir toutes les subtilités de cette partition ouvragée qui est plus française que wagnérienne: remarquable.
Oui, cette Ariane est impériale.

Marc Laborde